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Le prince Philippe met en cause la liberté de la presse

Le Prince Philippe s'est autorisé aujourd'hui à remonter les bretelles à deux journalistes dont la rédaction - le Morgen et VTM - avait publié des comptes rendus négatifs sur sa mission économique en Afrique du Sud.

Selon le prince Philippe, il est inopportun d'émettre un avis critique sur le futur roi qu'il est. Et ce d'autant plus que le Palais n'est pas en mesure de se défendre. Dès lors, le prince menace de ne plus recevoir au Palais les journalistes coupables d'allégeance insuffisante.

Le Cercle républicain constate que, malgré la formation pointue dont il a bénéficié depuis le berceau, le futur roi des Belges n'a toujours pas assimilé le principe, fondamental en démocratie, de la liberté de la presse, laquelle n'a de sens que si elle autorise à critiquer le pouvoir.

Le Cercle républicain remarque que, dans cette affaire comme dans celle ayant mis en cause le prince Laurent récemment, l'obligation de silence du Palais est perçue et brandie comme une injustice.

Le Cercle républicain rappelle que certains régimes permettent au chef de l'Etat de s'exprimer librement, et l'y encouragent même, y compris face à des journalistes. Dans ces régimes, le futur chef d'Etat s'exprime d'autant plus librement que nul ne sait qu'il sera un jour chef d'Etat.
Cela s'appelle une république.

Sur le même sujet, lire aussi le communiqué de presse d'Ecolo ici

63% de monarchistes: préparons l'après Albert II !

Le Soir fait aujourd'hui état d'un sondage publié dans le Soir Magazine de ce 24 janvier, selon lequel 63% des Belges seraient favorables au maintien de la monarchie.
Diable ! Il y a quelques années, les sondages créditaient, au mieux, le camp républicain de 20% des suffrages. Aujourd'hui, pas moins de 37% de la population serait soit républicaine, soit - soyons de bons comptes - indifférente à la question !
Le Cercle républicain ne peut donc que conseiller à tous ces hommes et femmes politiques qui n'avouent leur républicanisme qu'en privé d'enfin sortir du bois. La monarchie a manifestement cessé d'être un tabou. Etre républicain n'est plus le fait d'un quarteron d'intellectuels. La république avance, il serait dommage que les politiques soient les derniers à s'en apercevoir.
Quant aux médias, le Cercle républicain espère qu'ils auront désormais à coeur de relayer les sentiments monarchiste et républicain à proportion de leur représentativité dans l'opinion publique. A quand un "Place républicaine" ou un "C'est du républicain !" ?
Préparons l'après-Albert II !

En marge du procès d'Hasselt...

Le Cercle républicain s'étonne:

que le procureur du roi Erwin Steyls se soit opposé à l'audition du prince Laurent sous prétexte qu'aucun cérémonial particulier n'avait été prévu. Le Cercle républicain se félicite de ce que la présidente, Christine Coopmans, n'ait pas cédé à cet argument ahurissant.

qu'un crucifix - de taille respectable - soit toujours accroché au mur du prétoire du tribunal d'Hasselt. A notre souvenance, il y a pourtant plusieurs années que les crucifix auraient dû être enlevés des cours et tribunaux de Belgique, au nom de la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Séparation certes rendue difficile par la présence au sommet de l'Etat d'une famille royale ostensiblement catholique, mais tout de même...

que des enfants des écoles aient été contraints d'aller agiter des petits drapeaux sur le passage de Laurent de Belgique. Le Cercle républicain s'insurge contre cet endoctrinement exercé sur de jeunes enfants à qui on apprend à acclamer la famille royale plutôt que de développer leur sens civique et critique.

« Aucune raison d’accorder une dotation à Astrid et Laurent »

Nadia Geerts, Présidente du Cercle républicain.

Propos recueillis par Dominique Berns.

Article publié en page 18 du Soir des 6 et 7 janvier 2007.

Bien que vous soyez républicaine, vous devez vous accommoder de notre monarchie, dans la mesure où ce régime n’a pas été renié par une majorité de vos concitoyens, et convenir que le roi doit bénéficier d’une Liste civile, l’équivalent d’un budget de fonctionnement lui permettant de remplir sa fonction ; et que l’héritier, dès le moment où il est majeur, doit bénéficier d’une dotation. C’est le cas de Philippe. En revanche, vous contestez le fait que les deux autres enfants du roi, Astrid et Laurent, bénéficient d’une dotation. Pourquoi ?

En tant que républicaine, je ne peux m’empêcher de penser que ce système est lié à l’existence de la monarchie, un système d’Ancien Régime, pour l’abolition duquel je milite. Mais si on se place dans la logique monarchique, il est normal que le Roi bénéficie d’une liste civile et que l’héritier présomptif perçoive une dotation, puisqu’il doit se préparer à sa fonction, qu’il peut devoir attendre longtemps – pensons au prince Charles du Royaume-Uni – et qu’il ne faut pas l’exposer aux aléas et vicissitudes de la vie professionnelle. J’ajoute que cette dotation devrait être soumise au contrôle de la Cour des comptes, comme l’a suggéré vendredi le Premier ministre.
Mais je ne peux comprendre que les autres enfants du roi bénéficient d’une dotation. Le cas du prince Laurent est tout de même exemplaire. Avec l’abrogation de la loi salique (NDLR : qui interdisait le trône aux femmes) et les naissances survenues chez Philippe et Astrid, le fils cadet du roi occupe la 11e place dans la liste de succession. Il ne régnera jamais – sauf à imaginer une épidémie touchant la famille royale, une catastrophe digne d’Hollywood ou une « tuerie sanglante » comme ce fut le cas au Népal en 2001 (NDLR : dans la soirée du 1er juin 2001, le prince héritier népalais, dans un accès de démence, assassina dix membres de la famille royale). Soyons sérieux : il est aberrant de lui accorder une dotation. De même, Astrid ne devrait pas en bénéficier. Quant à la dotation accordée à la reine Fabiola, son montant – 1,444 million d’euros - est astronomique lorsqu’on sait qu’elle n’a que très peu de frais personnels.

Les enfants du roi sont cependant sénateurs de droit. Dans le cadre de cette fonction pour laquelle ils ne perçoivent pas de traitement, n’est-il pas normal qu’une dotation leur soit accordée, ne fût-ce que pour les mettre à l’abri de toute forme de pression ?

Je suis tout à fait prête, dans le cadre de cet entretien, à mettre entre parenthèses mes convictions républicaines et à jouer le jeu : nous vivons en monarchie, j’admets de raisonner dans ce cadre. Mais je ne peux pas cautionner une institution – les sénateurs de droit – que je juge tout à fait obsolète, sinon franchement anti-démocratique. Les sénateurs sont des représentants élus par les citoyens pour un mandat limité dans le temps. Il n’y a pas de raison qu’il existe des sénateurs à vie, par la seule grâce de leur naissance qui plus est !

L’institution vise à préparer le futur souverain à sa fonction…

A partir du moment où la monarchie en elle-même me paraît anti-démocratique, il m’est difficile de soutenir un raisonnement qui part du principe que la monarchie doit être préservée. Dans la logique monarchique, faire de Philippe un sénateur de droit a du sens ; pas dans la logique républicaine.

Imaginons que Philippe décède. Sa fille Elisabeth étant mineure, il faut nommer un régent. Ou plus exactement, une régente : Astrid.

La régence est une fonction occupée temporairement, transitoire. Il ne me semble pas problématique que celui ou celle qui pourrait être amené(e) à la remplir ait vécu par ailleurs une vie normale, d’autant qu’une fois sa mission achevée, il ou elle retrouvera une vie normale.

Prenons, si vous le voulez bien, un angle qui ne soit plus celui des principes, mais celui de la contingence. Ne vaut-il pas mieux fixer officiellement et de manière transparente une dotation que de mettre sur pied une institution ad hoc afin de rémunérer un prince – je fais bien entendu référence à la création en 1994 de l’Institut royal pour la gestion durable des ressources naturelles et la promotion des énergies propres (IRGT), une ASBL où Laurent a perçu un salaire de 1 million de FB par mois jusqu’au moment où il a bénéficié d’une dotation ?

La création de l’IRGT est un scandale. Et, au regard de ce scandale, tout était préférable, même une dotation ! Mais cela ne signifie pas que je trouve légitime de verser à Laurent un salaire « d’expert », puis une dotation, s’élevant à 1 million de francs belges par mois ! Je m’interroge donc sur la raison qui a poussé le monde politique à se sentir obligé de trouver une rémunération au prince Laurent. Je vois là un exemple du pouvoir d’influence du Palais. Et je me réjouirais de voir la monarchie ne jouer, dans notre pays, qu’un rôle strictement protocolaire – de manière transitoire, bien sûr ! Laurent, certes, est né à Laeken. Mais c’est un homme et un citoyen comme un autre. Il ne sera pas appelé à régner. Il n’y a aucune raison pour qu’il ne vive pas comme tout le monde. Qu’il travaille, comme tout un chacun.


Communiqué de presse: Laurent pourra être entendu comme témoin

Le Cercle républicain se réjouit de ce que la ministre de la justice ait in extremis pris un arrêté royal permettant l’audition de Laurent en tant que témoin, arrêté qui fut immédiatement signé par le roi.

Il est en effet proprement inconcevable que le prince Laurent n’ait pas été au courant des travaux effectués dans sa villa, et tout être normalement constitué se préoccuperait de la provenance des fonds permettant de tels travaux. L’audition du prince Laurent fournira donc vraisemblablement des éléments essentiels pour le procès qui devrait s’ouvrir ce lundi à Hasselt, si du moins Laurent ne se retranche pas derrière son droit au silence, et ce afin, précisément, de ne pas être contraint à s’accuser lui-même.

Le Cercle républicain regrette donc que l’instruction n’ait pas cherché à clarifier le rôle exact du prince Laurent dans cette affaire. En restera l’impression désagréable que le fils cadet du roi n’a pas été traité, dans cette affaire, comme l’aurait été n’importe quel citoyen cité dans un dossier judiciaire.

Il est à cet égard piquant que ce soit le roi en personne qui ait dû rappeler, lors de son discours de Noël, que nul n’était au-dessus les lois. Le roi a sans doute eu là l’intelligence stratégique qui a manqué à nombre de thuriféraires de la monarchie, lesquels n’ont pas vu qu’à trop protéger le prince, c’est la monarchie qu’ils mettaient en péril. Le Cercle républicain voit là une nouvelle preuve de l’existence d’un réel pouvoir d’influence du roi : tout se passe comme si beaucoup avaient attendu son signal pour faire enfin leur devoir.

Enfin, le Cercle républicain se félicite que l’ « affaire Laurent » donne lieu à des débats salutaires sur la légitimité des dotations et sur leur affectation, et lève le voile sur les origines de la fondation de l’IRGT, institut dont le seul but était, à sa création, d’occuper Laurent, pour la somme grassouillette d’un million de francs belges par mois à titre d’ « expert ».

Naissance du Parti Républicain Belge

SALUT A VOUS

Ce 18 décembre 2006 à 03:19 Hr
A Hermalle-s-Arg, naissance du Parti Républicain Belge (PRB), sous un ciel étoilé cintré d' un voile de vapeur nuageuse.
Beau parti démocratique, républicain, il va grandir et rendre totalement démocratique notre beau pays la Belgique.
Tous les Belges seront enfin égaux devant la loi. Plus de passe-droit dû la naissance,....
Seuls les mérites personnels seront admis et pris en compte!
Adieu écuyer, chevalier, baron, vicomte, comte, duc, prince, roi, reine, et tout autre tique de l' ancien régime.

J'en appelle à tous les démocrates républicains, rejoignez nos rangs : L' UNION FAIT LA FORCE.

Son fondateur,
Arthur Defoin

Ps : le site www.leprb.be, réservé par moi, en sera son organe médiatique.

Prince Laurent: la tourmente ?

Le ban et l'arrière-ban des supporters les plus ardents de la monarchie était présent ce dimanche midi sur le plateau de Controverses pour répondre doctement à la question "Prince Laurent: la tourmente ?" et démontrer en toute objectivité qu' "Il n'y a pas d'affaire Laurent" (Armand De Decker). Rudy Bogaert - qui fut précepteur du prince Laurent et qu'on a connu moins politiquement correct, notamment lorsqu'il présentait, en 2001, son protégé comme un véritable cancre - y alla de sa petite intervention pour affirmer que "Les dés sont pipés parce que le colonel Vaessen ne craint rien", comme si le prince Laurent craignait, lui, quoi que ce soit... et alla jusqu'à affirmer: "Je ne vois rien d'illégal là-dedans". Isabelle Durant, comme on pouvait hélas s'y attendre, continua à piétiner les statuts de son parti, qui prévoient la suppression des privilèges de naissance et l'abolition, à terme, de la monarchie, en affirmant la bouche en coeur que "Ce n'est pas une affaire de la monarchie mais une affaire de détournements de fonds".

Christian Laporte rompit une lance en faveur du pauvre prince persécuté: "On essaie d'impliquer des gens qui n'ont pas le droit de se défendre", aussitôt relayé par Christian Cannuyer, qui crut utile de préciser que "Les princes ne sont pas au-dessus des lois, mais ont droit à la protection de leur vie privée", stigmatisant l'inconscience de ceux qui "causent des dégâts psychologiques dont ils ne mesurent peut-être pas l'ampleur".

Francis Balace communautarisa le débat en suggérant que la presse flamande exploitait une affaire juteuse médiatiquement, et Anna-Marie Lizin renchérit en rappelant sentencieusement qu'étaient actuellement en attente "une dizaine de propositions de révision, pratiquement toutes introduites par le Vlaams Belang", concluant - je vous le donne en mille - que "On voit donc très bien d'où viennent les attaques". Et la présidente du Sénat de se lancer dans un véritable éloge des trois rejetons royaux: "Ils sont tous les trois des sénateurs actifs, et moi j'aime bien ça", "Ils travaillent bien", "On est injuste à leur égard; ils essaient d'être utiles". D'ailleurs, Madame Lizin "se pose beaucoup de questions par rapport à ces attaques contre la monarchie". Elle voit dans cette "attaque permanente" une "tactique qui est d'affaiblir au travers de la monarchie l'instrument essentiel de la Belgique".

Christian Cannuyer alla jusqu'à affirmer "Nous sommes en République" prétendant que "Le traitement réservé au prince est identique à celui réservé à n'importe quel citoyen", contredisant ainsi sans le vouloir son compère Francis Balace qui avait affirmé un peu plus tôt que "Nous ne sommes pas dans un pays comme les autres" et que les princes et princesses, y compris lorsqu'ils sont onzième dans l'ordre de succession, "ne pourraient rien faire comme boulot".

Après un couplet désespérément jésuitique et creux du père Guy Gilbert demandant "que les médias ne jouent pas aux juges" et souhaitant un joyeux noël aux Belges unis autour de "Laurent et Claire dans leur crèche d'amour avec leurs trois enfants" on eut encore droit à une dernière salve de soutien au pauvre prince persécuté: Rudy Bogaert rappela que "On a souvent placé le prince dans des situations absurdes" et que "une armée de margoulins tourne autour de ces princes" pour "être couverts en cas d'ennuis". Et après Armand De Decker, qui demandait "Est-ce qu'un des trois enfants du roi peut prendre les risques d'une activité ordinaire ?", Isabelle Durant rappela qu'il fallait "leur permettre d'avoir des engagements".


Mes conclusions ?

Un: Il y a des pères fondateurs du socialisme qui doivent se retourner dans leur tombe en entendant Anne-Marie Lizin, et des écolos bien vivants qui ont dû avoir l'appétit coupé par les propos d'Isabelle Durant.

Deux: Manifestement, le décalage était grand entre les propos de ces "experts" et les interventions des téléspectateurs, qui tournaient majoritairement, d'après Pascal Vrebos - puisqu'en effet les téléspectateurs n'eurent quasiment pas droit à la parole lors de l'émission -, autour de la question "Pourquoi Laurent ne va-t-il pas travailler ?".

Trois: Personne sur le plateau n'a pu justifier qu'on ait créé un Institut tout spécialement pour fournir occupation, responsabilités et salaire plantureux (1 million de FB par mois) au prince Laurent. Seule Isabelle Durant a tenté de protester que c'était une noble cause (le développement durable, pas la thérapie occupationnelle offerte au prince !) mais elle oubliait manifestement qu'on n'avait pas attendu l'IRGT pour se préoccuper d'environnement. Ce qui pour une sénatrice écolo est tout de même un comble...

Quatre: Les larmes versées par Laporte, Balace, Cannuyer, Bogaert, Lizin et Gilbert sur le malheureux fiston n'auront sans doute pas fait pleurer dans les chaumières, puisqu'après tout le bon sens voudrait en effet que Laurent de Saxe-Cobourg soit traité comme tout le monde, sans privilège dû à son rang ou à sa naissance. Si Laurent avait été dès le départ traité comme n'importe lequel de ses concitoyens, il y a fort à parier que le juge d'instruction l'aurait entendu comme témoin, avant de décider ou non de son inculpation. Ce qui aurait coupé court aux éventuelles médisances.

Cinq: La monarchie a de toute évidence une armée de thuriféraires prêts à lever une armée de boucliers au moindre début d'attaque à la noble institution. Il faut dire qu'on compte parmi eux un baron et quelques ministres et/ou ministrables, nommés/nommables par le roi donc.

Six: Heureusement qu'existe le Cercle républicain pour faire entendre une voix dissonnante dans ce concert de louanges apitoyées...

Le docu-fiction de la RTBF

Le Cercle républicain est abasourdi de constater à quel point ce qui n'était somme toute qu'un canular télévisuel - de bon ou de mauvais goût, à chacun d'en juger - prend les proportions d'une véritable affaire politique. Quelques réflexions à cet égard:

- Le discours dominant des politiques consiste à déclarer qu'on ne joue pas avec les institutions de la Belgique, comme s'il y avait là un tabou absolu. Ce refus d'envisager une quelconque modification de la structure de la Belgique institutionnelle caractérise depuis trop longtemps la classe politique francophone et n'entraîne rien d'autre qu'un repli frileux sur des pseudo valeurs qui ne sont même plus questionnées: la Belgique et, bien sûr, la monarchie.
Le Cercle républicain rappelle que seule la volonté populaire fonde un Etat et qu'il n'y a donc pas lieu de jeter l'anathème sur la question de l'avenir de la Belgique.
Quant à la monarchie, il est proprement incompréhensible que des esprits se disant progressistes et démocrates s'accommodent, voire défendent une telle institution. A ce propos, remarquons qu'Elio Di Rupo a dû se faire retourner une fois encore les fondateurs du socialisme belge dans leur tombe, en étant le seul à notre connaissance à s'offusquer de ce que la RTBF "mette en cause" le roi.
- Le Cercle républicain s'étonne qu'un Leterme ou un Di Rupo jouent aujourd'hui leurs vierges effarouchées, alors que le séparatisme est abordé lors de chacun des congrès politiques de leurs partis.
- Dans la mise en scène orchestrée par la RTBF, les partisans de la survie de la Belgique actuelle se retrouvaient massés devant le palais royal. Le Cercle républicain ose espérer que si d'aventure pareil scénario de scission de l'Etat belge devait se réaliser, c'est devant le Parlement que se rassembleraient les "belgicains", et non devant un palais royal qui ne représente en rien le peuple belge et encore moins la démocratie.

Enfin, le Cercle républicain espère que l'émoi suscité par cette fiction ne donnera pas lieu à un lynchage politique qui mettrait à mal la liberté de la presse, notion essentielle en démocratie.

Laurent la Magouille ?

Laurent de Saxe-Cobourg aurait bénéficié de fausses factures émises par la Marine pour un montant de 175.000 EUR (7 millions FB). Dans cette affaire, le Cercle républicain tient à souligner certains points.

A aucun moment l'instruction n'a jugé nécessaire d'entendre, fût-ce en tant que témoin, celui qui reste le principal bénéficiaire consentant des fausses factures. Selon le parquet de Hasselt (cité par Le Soir), c'était inutile car "la villa Clémentine est propriété de la Donation royale". Ainsi donc un fonctionnaire ou magistrat de l'Etat pourrait se faire livrer illégalement services et produits sans être inquiété, pour peu qu'il se les fasse livrer dans un bâtiment appartenant à l'Etat. Le Cercle républicain exprime son désarroi devant une argumentation aussi grotesque. En effet, comment compléter sérieusement un dossier d'instruction sans entendre le propriétaire de la maison bénéficiaire de prestations illégales?

Nous tenons à protester de la manière la plus énergique contre l'attitude du parquet, qui ne peut être perçue que comme un signe supplémentaire de la vassalité de nos institutions à la monarchie. Une fois de plus, les critères de justice et de moralité politique applicables à tous ne franchiront pas les portes du palais de Laeken. Qu'il s'agisse d'infractions au code de la route ou de fausses factures, il semblerait que le fils du roi, même s'il n'est pas appelé à régner, ne doive pas être inquiété par la justice, fût-ce en tant que témoin. Le Cercle républicain exprime le souhait que nos magistrats et notre classe politique prennent toutes les mesures nécessaires afin que cessent au plus vite ces pratiques d'Ancien Régime.

Le Cercle républicain s'étonne également du parfum de vassalité qui entoure le traitement de cette affaire par la presse. Les médias s'accordent à dire que "le prince était au courant de ces pratiques" et même "demandeur", mais "n'est pas mis en cause" (sic). Et de s'étendre sur la situation précaire du prince, qui ne recevait à l'époque du palais paternel qu'un maigre 75.000 FB par mois. Le Cercle républicain estime que 75.000 FB sont une allocation correcte pour une personne dont les réalisations professionnelles ne sont pas entièrement avérées, et s'étonne donc que ce montant semble pour d'aucuns justifier un "petit coup de pouce" de... 7 millions de FB!

Vive la République!

Qui veut la peau du prince Philippe ?

Le reportage de « Question à la Une » intitulé « Qui veut la peau du prince Philippe ? » semble avoir eu pour unique fonction d’accréditer la thèse simplissime suivante : ce sont les Flamands, séparatistes, qui s’attaquent au prince Philippe, dans le but de faire éclater la Belgique.
Qu’il puisse y avoir des Flamands républicains mais unitaristes, mais aussi des francophones souhaitant qu’Albert II soit le dernier roi des Belges, quelles que soient leurs préférences quant à l’avenir de la Belgique, voilà qui semble avoir échappé à la RTBF.

Il est vrai que c’est tellement plus simple comme ça, avec d’un côté les méchants Flamands-séparatistes-et-républicains et de l’autre les gentils francophones-unitaristes-et-donc-monarchistes-« de raison ».

Et après ça, on demandera encore au Fonds Prince Philippe d’œuvrer au rapprochement entre les communautés…

Nadia Geerts
Présidente du Cercle républicain (CRK asbl)


Soyons rationnels !

Le Cercle républicain a été très heureux d’apprendre que le vice-président du PS, Philippe Moureaux, se définissait lui-même comme un être « rationnel », qui bien que n’étant pas « idéologiquement monarchiste » était capable de « tenir compte du contexte » et donc de ne pas demander la suppression de la monarchie. Et l’on voit ressurgir de derrière les fagots le mythe du roi ciment-de-la-nation. Comment en effet comprendre autrement ce « contexte » qui rendrait la monarchie acceptable, sinon indispensable ?

Face aux récents coups de griffes d’Yves Leterme à l’encontre du roi et des francophones, face aux velléités séparatistes ou à tout le moins confédéralistes de certains politiques du Nord du pays, Philippe Moureaux n’a donc rien trouvé de mieux que de brandir la marionnette royale en guise de bouclier. Et de conspuer le méchant Leterme, coupable à ses yeux de « terrorisme à l’encontre de la monarchie ». Fichtre ! Rien que ça ?! C’est que selon Moureaux, il s’agirait pour Leterme de « mettre la famille royale sous pression » et d’ « obtenir son ralliement au confédéralisme » en « la menaçant de perdre son emploi ».

Récapitulons donc : aux yeux de Moureaux, quelqu’un qui critique le roi est un terroriste. Et quelqu’un qui compte sur ledit roi pour préserver l’unité de la Belgique, alors que Baudouin lui-même – et on sait combien il savait user de son pouvoir d’influence ! – n’a rien pu faire pour empêcher le fédéralisme, est un être rationnel…

Et si, « tenant compte du contexte », on commençait enfin à s’affirmer comme « idéologiquement républicain » – qui de sensé ne le serait pas ? – et à poser la question de l’avenir de la Belgique de manière totalement distincte de celle, dès lors principiellement réglée, de l’institution monarchique ? Sans compter sur le roi, archaïque chimère, pour accélérer ou ralentir un processus qu’il importe que nous, citoyens, nous réappropriions, pour faire de la Belgique ce que nous voudrons qu’elle devienne ?

Nadia Geerts
Présidente du Cercle républicain (CRK asbl)
source: Le Soir, 30 août 2006

Lettre ouverte à La Poste : MonTimbre

Chère Madame La Poste,

Vous nous offrez depuis fin 2005 la possibilité de faire réaliser par vous des timbres du motif de notre choix, pour un prix qui avoisine le double de celui d’un timbre classique.
En tant que républicains, nous avons accueilli cette nouvelle avec un véritable bonheur, lassés que nous étions d’être contraints d’apposer sur chacun de nos envois postaux la tête d’Albert II, le seul motif sempiternellement disponible dans nos bureaux de poste. Certes, nous nous ruions chaque fois que faire se pouvait sur les petites fleurs et autres motifs bucoliques, et nous avions même fini par accepter avec bonhomie les paysages champêtres lestés d’une église, mais tout de même : la possibilité d’agrémenter nos courriers d’une illustration reflétant nos convictions plutôt que celles dont on prétend qu’elles sont majoritaires en Belgique, voilà qui valait bien qu’on délie les cordons de la bourse !
Seulement voilà : les petits caractères de votre brochure de présentation sont on ne peut plus clairs : même si « Tout est possible avec MonTimbre », il n’en reste pas moins que « Le Client s’engage à ce que cette illustration (...) ne contienne aucun élément à tendance religieuse, politique, philosophique ou ethnique. »

Votre souci de neutralité vous honore. Mais ne pourriez-vous commencer par l’appliquer à vos propres timbres, et nous dispenser dorénavant de tout élément « à tendance religieuse, politique, philosophique ou ethnique » sur ceux que vous émettez ? En commençant, vous l’aurez compris, par nous délivrer des timbres figurant un membre de la famille royale, puisqu’en toute bonne logique, si être républicain est une tendance politique, être monarchiste l’est tout autant.

A défaut, nous avons dans nos cartons plusieurs motifs de timbres républicains (consultables sur http://www.crk.be/F/cartes_postales.php) dont nous serions très heureux de pouvoir vous confier la réalisation.

Ne doutant pas que vous aurez à cœur d’être cohérents avec les principes que vous énoncez, c’est en toute confiance que nous vous adressons nos sincères salutations républicaines.


Nadia Geerts, présidente du Cercle républicain
Sam Touzani
Michel Mombeek
Claude Boumal
Nicole Lahaye
Roger Goddin
Françoise Cambie
Michel Smet, fonctionnaire
Didier Coeurnelle
Henry Dupont
Paul Van Langenhoven
Raymond Bruyer
Claude Semal
Henry Landroit
Christian Castiau, Président du cercle rationaliste "la Fraternité" de Morlanwelz
Eric Luna
Christian Haccuria
Olivier Crasset
Vincent Robeyns
Jacques Culot
Pierre Letawe
Isabelle Beaurain
Jean-Marie Dehan
Yannick Bauthière
Guy Julien
Bernard Blairon
Jean Morren
Ivan Fox, comédien
Lise De Henau, comédienne
Martial Demunter
Sonia Lefebvre
Ouardia Derriche
Frédéric Tilquin
Serge Monsieur
Francis Delmotte
Nathalie Cahay
Jean-Marie Dermagne
Philipp Bekaert
Francis Schwan
Alain Lafère

Lettre au Roi des Belges à propos de...
NOTRE HITLER A NOUS

Sans souscrire au qualificatif de "génocide" appliqué par l'auteur à l'épouvantable hécatombe que constitua la colonisation belge au Congo - un génocide implique en effet une volonté délibérée d'extermination d'une population entière, tandis que les pertes humaines au Congo ont plutôt été le fruit d'une incommensurable indifférence à la vie et à la mort d'un réservoir de main d'oeuvre taillable et corvéable à merci - nous applaudissons néanmoins à l'esprit général de cette lettre ouverte. Nous avons d'ailleurs décerné en 2004 le Prix du citoyen au réalisateur Peter Bates pour son documentaire.

 

Sire,

Avez-vous comme moi regardé hier soir sur Arte le remarquable film documentaire Le roi blanc, le caoutchouc rouge, la mort noire ?
Avez-vous été, vous aussi, horrifié en voyant ces souffrances terribles infligées à la population du Congo par le roi Léopold II entre 1885 et 1908 ? Ces enfants dont on tranchait la main quand ils ne rapportaient pas assez de caoutchouc ! Ces hommes dont on prenait les femmes en otage afin qu'ils produisent plus ! Ces villages entiers qu'on brûlait pour asseoir la terreur ! Ces tortures sadiques ! Avez-vous frémi, vous aussi, en entendant l'historien M'bokolo expliquer que ce génocide avait fait tomber la population du Congo de vingt millions à dix millions ?
Ce n'est pas ce qu'on nous racontait à l'école, n'est-ce pas ? On nous parlait d'un « grand souverain visionnaire et bâtisseur » ! Alors qu'il s'est construit une des plus grandes fortunes du monde, à coups de tortures, de massacres et de mensonges !
Bruxelles, notre ville à vous et à moi, regorge de statues et monuments à la gloire de ce « grand roi ». C'est gênant. C'est comme si Berlin arborait fièrement des statues d'Hitler. Car, si on se place du point de vue des Noirs, Léopold II, c'était bien notre Hitler, n'est-ce pas ? Blanches ou noires, les victimes ont la même valeur.

Que comptez-vous faire, Sire ? Bien sûr, personne n'est responsable des actes de son arrière grand-oncle. Mais enfin, s'il est vrai que la fortune de la famille royale belge a pour origine un génocide, ça doit vous gêner terriblement ! Alors, voici deux suggestions...
On parle beaucoup ces temps-ci, et à raison, du devoir de mémoire. On visite Auschwitz, et c'est très bien. Mais enfin, ne serait-il pas encore plus méritoire de s'occuper de notre Hitler à nous ? Je ne propose pas d'enlever ces statues choquantes. Il serait plus éducatif de les accompagner de quelques plaques expliquant ce qui s'est vraiment passé. Et de créer un musée du génocide congolais que les écoles pourraient visiter.
Vous pourriez aussi, je ne sais pas, demander pardon ? Pas personnellement bien sûr, mais pour montrer que vous ne voulez pas être complice de ces crimes.

Et puis aussi, pour ne pas rester seulement dans les symboles, ne pourriez-vous aider à réparer ? Comme vous le savez, les plus grosses fortunes de la Belgique se sont construites en pillant le Congo. Il existe un excellent livre, «Et l'Europe sous-développa l'Afrique» où le professeur Walter Rodney montre, faits et chiffres à l'appui, comment le colonialisme a bloqué le développement de ce continent. (Ce livre est déjà ancien et sans doute épuisé. Si vous ne le trouvez pas, appelez-moi, je vous le prêterai volontiers)
Donc, si votre grand-oncle a tant volé, vous serez bien d'accord qu'il est juste de restituer. Vous donnerez ainsi un bel exemple à plusieurs grosses sociétés belges.
C'est important pour le peuple du Congo. Il se débat dans une misère épouvantable parce qu'on l'a volé. Et, comme vous savez, parce que le pillage continue aujourd'hui. Sous des formes plus camouflées mais plus efficaces encore.
C'est aussi important pour nous en Belgique. On dit que vous êtes très préoccupé par la montée de nos partis fascistes et racistes. Vous avez là un excellent moyen de les contrer. Puisqu'ils ne cessent de présenter les réfugiés noirs comme des « profiteurs » qui viennent nous prendre notre bien-être, n'êtes-vous pas le mieux placé pour leur couper l'herbe sous le pied ? En montrant que les peuples noirs ne sont pas des profiteurs, mais des victimes. Et que notre bien-être (enfin, plutôt le vôtre que le nôtre) provient largement de ce pillage commis contre les Noirs.

Alors, Sire, je vous le dis bien sincèrement : Remboursez ! Remboursez de bon coeur, ne gardez pas pour vous le fruit du génocide ! Ainsi, vous pourrez regarder vos enfants et petits-enfants les yeux dans les yeux. Et tous les enfants noirs. Ca vaut mieux qu'un gros tas d'or mal acquis, n'est-ce pas ?

MICHEL COLLON

PS. Si vous souhaitez faire connaître votre point de vue, vous rencontrerez peut-être des difficultés. Les médias belges n'aiment pas en général remuer cette boue. Alors, ne vous gênez pas, envoyez-moi votre texte. Je le diffuserai volontiers dans ma mailing list. Qui présentera prochainement un grand « Dossier Congo ». A bientôt, Sire !

 

Le petit prince et les media

Ces derniers jours – au mois de mars 2006 – les médias ont fait un tabac autour de la question suivante : ‘Est-ce que Philippe de Saxe-Cobourg a les capacités de représenter son futur royaume à l’étranger et dans les media ?’. Si bien même que la monarchie paraît vraiment en perte de vitesse.

Mais quand on aborde ce sujet – la fin éventuelle de la monarchie – avec des gens pris au hasard, il se manifeste presque toujours une énorme aversion pour ‘la présidence’. Je ne sais pas si Bush et Chirac y sont pour quelque chose, mais les présidents sont cotés très bas par le citoyen moyen. Ils sont associés à ‘la politique’ et la politique a par définition une connotation négative. Un roi représente alors une sorte de contrepoids par rapport aux politiciens corrompus.

Je sais bien que cette façon de voir les choses existe depuis belle lurette, car la plupart des familles royales ont – par leurs discours ou leurs actes - confirmé le bon peuple dans cette croyance. Mais de nos jours d’autres phénomènes sont en jeu. Au cours du dernier quart de siècle, la politique et la fonction publique ont été la cible de prédilection des médias, tandis que l’économie et ses ‘opérateurs’ y ont obtenu un statut quasi-religieux.

Le lavage de cerveau incessant par les médias dans les années quatre-vingt et nonante , a implanté la croyance néo-libérale que « l’intérêt public » ne peut être que l’addition des intérêts (matérialistes) individuels des consommateurs, clients, producteurs, actionnaires etc et rien de plus. Il s’est instauré une nouvelle échelle de valeurs : aux yeux des nouvelles générations, celui qui se préoccupe de valeurs non matérielles est associé au camp des « perdants » et celui qui obtient une réussite matérielle (et donc sociale) immédiate est un « gagnant ».

Pour nous consoler de la perte de la solidarité sociale , les médias nous offrent des allternatives : autour de symboles , on organise des grand-messes médiatiques qui créent un sentiment de solidarité superficiel et éphémère. Telles les ‘mariages de conte de fées’ des princes et princesses ; ou l’élection du pape, qui attire même des non-croyants, , tellement le besoin de faire partie de l’événement est fort….

Bien sûr, nous nous réjouissons que la monarchie n’ait plus le vent en poupe. Mais nous devons être conscients que ceux qui s’en prennent à la monarchie quand ça rapporte sont les mêmes qui ‘ringardisent’ la notion d’intérêt public et donc l’essence de la république. Que ça se fasse inconsciemment ou délibérément, le résultat est le même. Peter Vandermeersch, rédacteur en chef du journal De Standaard l’a dit au journal de la VRT : « ….si Philippe dit qu’il n’a pas une vocation de personnalité médiatique, il doit bien être conscient que c’est probablement le seul rôle qu’ « on » lui laissera encore dans l’avenir…. ». Alors, c’est qui , « on » ? Les citoyens ou les médias?

En Grande-Bretagne les ‘royals’ ont perdu beaucoup de leur popularité , entre autres par l’atmosphère permanente de scandale entretenue par les médias. Entre temps on parle déjà d’une nouvelle « working class aristocraty » créée par les mêmes médias. Peut-être que les citoyens brittaniques éliront David Beckham pour leur premier président et que Posh Spice Victoria deviendra la first lady. En Hollande Pim Fortuyn a été élu Plus Grand Néerlandais de tous les Temps (devant Guillaume d’Orange, père de la patrie)…par l’intermédiaire des médias….

Je crois qu’une association républicaine comme le CRK, si elle se doit de remettre en cause sans cesse la monarchie, doit avec la même énergie œuvrer pour restaurer la notion d’un intérêt public qui transcende l’addition des intérêts individualistes et matérialistes. Et cela à tous les niveaux : belge, européen, mondial.

Wim Magerman

 

Construction imminente de 5000 nouveaux logements à Bruxelles !

embargo jusqu'au 1er avril 2006 à 00h.

La Région bruxelloise est sur le point d’atteindre l’objectif qu’elle s’était fixée en matière de logement. Elle finalise en effet ces jours-ci un accord avec le Gouvernement fédéral et le Palais royal, au terme duquel le domaine de Laeken, d’une superficie de 160 ha, serait divisé en deux parties égales pour être ensuite loti. 80 ha resteraient ainsi à la jouissance des 25 membres de la famille royale, tandis que les 80 autres ha seraient construits pour accueillir les 5.000 nouveaux logements promis par le Gouvernement bruxellois.

Le domaine royal étant une propriété de l’Etat belge, le projet offre un avantage budgétaire considérable quand on connaît le prix du terrain à Bruxelles : le terrain resterait en effet propriété de l’Etat, qui le céderait aux différents promoteurs par bail emphytéotique de 99 ans.

La société de développement régional de Bruxelles (SDRB) est chargée d’étudier le PPAS (plan particulier d’affectation du sol) du domaine royal et d’introduire la demande de permis de lotissement et de construction des 5.000 nouveaux logements auprès de la Ville de Bruxelles. Une aide budgétaire exceptionnelle est envisageable au titre des fonds structurels européens (objectif 1).

A la demande du prince Laurent, que l’on sait très attaché la protection des animaux, les poissons qui peuplent les étangs situés dans la partie constructible du domaine seront pris en charge par les Régions et Communautés – selon une clé de répartition qui reste à définir – le temps des travaux, pour rejoindre ensuite leurs royaux étangs.

Quant à la Ville de Bruxelles, elle souhaite profiter de l’occasion pour lancer un concours international d’architecture portant sur l’aménagement de ce nouveau quartier, qui devrait héberger quelque 20.000 habitants en 2015.

Egaux devant la loi ?

La Dernière Heure du 11 mars dernier relate l’indignation de Luigi, dont la petite fille fréquente le même collège Sint-Jan Berchmans que plusieurs enfants de la famille royale. Luigi s’est en effet vu coller une amende salée parce qu’il avait stationné en infraction devant l’école, le temps de récupérer sa fillette malade. Jusque là, rien d’anormal. Luigi reconnaît d’ailleurs volontiers l’infraction. Mais il ne peut manquer de noter que « le prince Philippe, lui, se gare comme ça tous les matins. Vous pensez qu’on va lui mettre un P-V ? ».

Qu’il s’agisse de consignes expressément données aux policiers afin qu’ils ne verbalisent pas les infractions au code de la route commises par les membres de la famille royale, ou de l’initiative personnelle de quelques agents qui, au nom du « respect », s’abstiennent de faire leur travail, la question reste posée : oui ou non, les Belges sont-ils égaux devant la loi ?

L’occasion pour le Cercle républicain de rappeler son attachement à la périodicité du pouvoir, qui fait en sorte que nul citoyen n’est de naissance et pour toujours au-dessus des lois.

Une monarchie protocolaire ?

Le Cercle républicain soutient vivement le projet de monarchie protocolaire qui se fait jour au sein de certains partis du nord du pays. A l'aube du XXIè siècle, il est plus que temps que la Belgique se débarrasse de ses horipeaux d'Ancien Régime. A cet égard, le passage à une monarchie protocolaire ne peut bien évidemment s'envisager que comme une transition vers l'abolition pure et simple de la monarchie, laquelle aura alors fait la preuve qu'elle est non seulement foncièrement anti-démocratique, mais encore totalement inutile.
Le Cercle républicain se réjouit également que l'idée fasse son chemin dans des partis pour lesquels la fin de la Belgique ne constitue pas un objectif: trop souvent en effet, le républicanisme est sujet à caution, accusé de n'être qu'un paravent servant à masquer habilement des visées séparatistes. Il apparaît aujourd'hui au grand jour que le simple attachement à la démocratie peut - doit - faire souhaiter la réduction des pouvoirs royaux et, à terme, l'abolition de la monarchie.

Une tempête dans un verre d’eau ?

Le dernier discours du roi devant les corps constitués, ce 31 janvier, suscite force remous. Tout ça, apparemment, pour un seul mot malheureux : « feutré ». Personne, en effet, ne songe à reprocher au chef de l’Etat de stigmatiser le séparatisme « explicite ». Tout simplement parce que c’est son job, comme à tout chef d’Etat, élu ou non, que de veiller à l’intégrité du pays. Qui plus est, en s’attaquant au séparatisme explicite, le roi vise bien évidemment le Vlaams Belang, ce dont seul ce dernier s’offusque.
En parlant de séparatisme feutré, en revanche, le roi a jeté l’opprobre sur une bonne partie du monde politique démocratique flamand. Ce que ce dernier a d’autant moins apprécié que le roi n’a pas jugé utile de prononcer cette partie de son discours dans la langue de Vondel. Après le récent discours de Noël, prodigieusement consensuel et vide, voilà que le roi s'essaie à un genre plus risqué: le discours «politique », prenant clairement position contre une mouvance politique dont on ne peut nier qu’elle est parfaitement démocratique – quelle que soit le degré de sympathie qu’on éprouve pour elle.
Ce ne serait pas un problème, et l’on ne voit pas très bien pourquoi on reprocherait au Président de la République française, par exemple, de se prononcer contre la création d’un Etat breton indépendant, si le chef de l’Etat était, chez nous comme là-bas, élu. Mais s’agissant d’un chef d’Etat non élu, on ne peut éviter que se pose la question de la légitimité de sa parole. Et on ne s’étonnera donc pas que ce discours royal suscite la réapparition d’un débat sur la fonction royale, dont on parle depuis longtemps de la restreindre à une fonction purement protocolaire.
Et nous ne pourrons que nous réjouir si la maladresse d’Albert II amène les partis politiques à se mettre enfin à l’ouvrage, plus de quinze ans après la « crise de l’avortement », pour réduire à néant les pouvoirs du roi. Il est en effet une évidence que tant qu’on accordera au roi un quelconque droit d’expression, il sera porté à en abuser. Qu’il se taise, donc, ou qu’il cède la place à un chef d’Etat élu, qui aura, lui, toute la légitimité requise pour exprimer des opinions politiques.

Et deux de plus, deux ! (19 décembre 2005)

Voilà donc que Aymeric et Nicolas sont nés, rejoignant ainsi la joyeuse ribambelle de mouflets qui, ces dernières années, jaillissent des tiroirs princiers comme autant de diablotins.

Au CRK, nous n'avons rien contre les naissances multiples, ni contre les familles nombreuses. Il n'empêche que ça commence tout de même à faire beaucoup, tous ces lardons, et que le Parlement devrait peut-être voir à mettre de l'ordre dans les dotations accordées aux rejetons royaux... Les dotations étant accordées aux successibles au trône afin de leur éviter tout engagement professionnel, on peut raisonnablement supposer, en effet, qu'Aymeric et Nicolas De Saxe-Cobourg pourront sans danger goûter aux joies du turbin à l'issue de leurs études: comme leur illustre paternel le faisait lui-même remarquer tout récemment, il faudrait qu'une véritable catastrophe s'abatte sur le palais, décimant ses occupants, pour qu'Aymeric ou Nicolas ait la moindre "chance" de régner un jour.

 

Vers une commission Lahaut ?

Ce 24 novembre, 3 parlementaires (Muriel Gerkens, Patrick Moriau, Marie-Claire Lambert) ont déposé à la Chambre une Proposition visant à créer une commission d'enquête parlementaire chargée d'établir les responsabilités et de faire toute la lumière sur l'assassinat de Julien Lahaut, député et Président du Parti communiste de Belgique, le 18 août 1950 à Seraing par des inconnus. De l’aveu même des auteurs, cette proposition est le résultat de la pétition qui réclamait l’instauration de cette commission d’enquête, et que nous sommes nombreux à avoir signée. Le texte de la proposition est disponible sur le site de la Chambre (Document parlementaire 51K2104 - 24/11/2005).

Hommage à Julien Lahaut

Le 18 août a eu lieu à l'Espace Marx un hommage à Julien Lahaut. Séphian Sémyn, pour les Jeunesses communistes, Pierre Eyben, pour la Fédération de Liège de Parti Communiste, Alain de Kuysche pour la Direction du Parti Communiste, Nadia Geerts pour le Cercle Républicain, José Fontaine, Directeur de la revue Toudi et François Houtart, ancien résistant, ont évoqué les multiples facettes du militant Lahaut.

Commémoration de l’assassinat de Julien Lahaut
Discours prononcé par Nadia Geerts à Bruxelles le 15 août 2005

J’aimerais ce soir rendre hommage plus spécifiquement au républicain et à l’antifasciste Lahaut. C’est-à-dire en somme au démocrate. Car il y a dans le combat républicain, comme dans le combat antifasciste, un indéniable moteur commun, qui est l’exigence démocratique.
Cette exigence démocratique, Julien Lahaut et son groupe l’ont rappelée avec une force symbolique puissante, lors de la prestation de serment de Baudouin Ier. Et je me prends souvent à me demander quel député, aujourd’hui, aurait cette audace, qui est également le moins qu’on puisse demander à un homme ou à une femme politique : celle de rester fidèle à ses opinions.
Bien sûr, d’aucuns se déclarent « au fond » républicains. Mais c’est un fond trop souvent masqué par le pragmatisme ou l’intérêt bien compris. Faut-il rappeler ici, en effet, que c’est le roi qui nomme et révoque les ministres ?
L’exigence démocratique devrait pousser tout démocrate à œuvrer à l’abolition pure et simple d’une institution archaïque qui, peu ou prou, infantilise citoyens et classe politique. Infantilisation des citoyens, d’abord, abreuvés de paillettes, de sourires et de paroles creuses, qui masquent avantageusement les véritables questions, les véritables problèmes, que pose inévitablement l’institution monarchique à quiconque se réclame des valeurs démocratiques.
Infantilisation des hommes politiques, ensuite, contraints de jouer le rôle de seconds couteaux, prenant les coups et endossant les responsabilités, tandis que le chef de l’Etat se maintient sempiternellement sur son trône, auréolé d’une fallacieuse neutralité. Au vingt-et-unième siècle, il est plus que temps que chacun, qu’il soit simple citoyen ou a fortiori chef d’Etat, assume enfin la pleine responsabilité de ses actes.
Infantilisation de tous, à qui on fait croire, à qui on laisse croire, que sans le roi nous ne sommes rien, que sans le roi nous n’existons pas.
Il est temps que cette farce cesse, pour que le roi des Belges ne soit pas un jour, comme le chante Claude Semal, « le dernier roitelet du siècle des républiques ».
L’exigence démocratique, c’est aussi celle qui nous impose d’exiger que la lumière soit faite, enfin, sur l’assassinat de Julien Lahaut, il y a 55 ans aujourd’hui. Pourquoi cette commission d’enquête, revendiquée pour la première fois en 2001 déjà par une série de personnalités et de citoyens de tous horizons, n’a-t-elle pas encore vu le jour, et ce alors même que des éléments existent pour que cette enquête puisse être menée à bien ? Même ce courage politique-là fait-il défaut en Belgique aujourd’hui ? La force d’une démocratie, pourtant, se mesure à sa capacité à reconnaître ses erreurs.
Qu’il nous qu’il nous soit donc permis de saluer celui qui a été jusqu’au bout de ses convictions, qui a refusé les reculades successives de beaucoup de partisans du « non » au retour de Léopold III, et qui n’a pu se satisfaire du statu quo institutionnel et du consensus mou autour de Baudouin.
À cet égard, combien déplorable fut la réaction presque unanime des Elus de la Nation criant « Vive le roi » en réaction à la sortie du pitre Van Rossem, lors de la prestation de serment d’Albert II.
Certains partis, décidément, semblent oublier les valeurs qui les fondent.

Vive la démocratie !

Vive la République !

La fidélité au roi aux orties !

Le Cercle républicain se félicite de la récente décision du ministre flamand pour la simplification administrative Geert Bourgeois (NV.A) de modifier la formule de prestation de serment des fonctionnaires flamands. Dorénavant, ceux-ci ne devront plus prêter serment de « fidélité au roi et obéissance à la Constitution et aux lois du peuple belge », mais jurer de « respecter les obligations de leur fonction ».

Bien que le serment de fidélité au roi ne puisse être considéré, dans un Etat démocratique, comme une déclaration d’allégeance à la personne du roi, ni même à l’institution monarchique (voir à ce sujet l’article « Républicain et fidèle au roi ? » publié ici , il est indubitable que la formule fixée par le décret du 20 juillet 1831 pouvait laisser penser à nos fonctionnaires que le droit d’avoir et d’exprimer des convictions républicaines leur était dénié, dès lors qu’ils avaient prêté serment de fidélité au roi.

Le Cercle républicain se réjouit donc du pas symbolique important que vient de franchir le gouvernement flamand, et espère que les autres gouvernements régionaux, mais aussi le gouvernement fédéral, adopteront rapidement une mesure similaire, pour le plus grand bien de la démocratie.

Nadia Geerts
secrétaire générale du Cercle républicain (CRK asbl)

Lire le communiqué de presse de Marc Hendrickx, conseiller communal NV.A et membre du Cercle républicain.

L'affaire Delphine (25 juin 2005)

Jusqu’ici, le Cercle républicain n’avait vu aucune raison de réagir publiquement aux révélations concernant la fille adultérine d’Albert II. Il s’agissait là, en effet, d’une affaire strictement privée, qu’il appartenait à Albert II de régler, « en son âme et conscience », selon l’expression consacrée.
Aujourd’hui cependant, nous apprenons que Delphine n’a pu honorer l’invitation à deux soirées de gala organisées par la FEB, invitation qui avait été faite à l’artiste par une entreprise de fabrication de boudin dans le cadre des festivités « 175-25 ». Il semblerait en effet que le Palais ait fait pression pour que la fille adultérine d’Albert II ne soit pas présente à ces soirées qui devaient aussi accueillir, l’une, le roi Albert, l’autre, le prince Philippe.

Le Cercle républicain s’insurge contre cette ingérence du Palais dans la carrière d’une artiste belge, mais aussi dans les faits et gestes d’une simple citoyenne. D’autant que selon Mario Daneels, auteur de la biographie de Paola qui révéla, en 1999, l’existence de Delphine, le Palais aurait déjà agi à l’époque auprès de la RTBF pour que l’auteur ne soit pas invité sur le plateau.

Rappelons que le Palais royal s’est déjà vu, ces dernières années, accuser de pressions sur la justice (affaire des « quatre de Butare ») et sur l’administration (affaire du couvent d’Opgrimbie). Combien de temps les représentants de l’establishment prétendront-ils encore, au mépris de l’évidence, qu’ « en Belgique, le roi n’a aucun pouvoir » ?

Pendant ce temps, toute à sa politique de communication, la famille royale « au grand complet » pose, tout sourire, pour la séance de photos officielles…

Jour de la République - Dag van de Republiek (1er mai 2005)

A l'occasion du Dag voor de Republiek, Nadia Geerts, secrétaire générale du Cercle républicain, fut invitée à présenter un court exposé en français (le Dag voor de Republiek se voulant représentatif de toutes les communautés linguistiques du pays), exposé dont vous trouverez le texte ci-dessous.

Le républicanisme, aujourd'hui encore, n'a pas bonne presse en Belgique. Alors que dans les républiques voisines, le républicanisme est perçu comme une valeur en soi, synonyme de démocratie, lorsqu'on se déclare républicain en Belgique, on est d'emblée suspect : révolutionnaire, anarchiste, hostile à la Belgique, faisant le jeu de l'extrême droite, et j'en passe.

Pourtant, une société de débat telle que la nôtre s'accommode difficilement d'une institution fondée sur le colloque singulier et le secret. Aussi, ces dernières années, la monarchie a-t-elle compris qu'il ne lui suffisait plus d'être, mais qu'elle devait, à défaut de convaincre, du moins séduire. Et c'est ce qu'elle s'emploie à faire, bien aidée en cela par des médias qui relèguent trop souvent leur esprit critique aux oubliettes lorsqu'il s'agit de relayer les informations venues du Palais.

Aussi, notre raison d'être, à nous républicains, est-elle de rappeler inlassablement que nous ne sommes pas dupes. Que toute l'apparente modernité de la famille royale, toute l'affabilité d'Albert II ne nous feront jamais oublier que la monarchie est par essence antidémocratique, donc illégitime, parce que contraire à la Déclaration des Droits de l'Homme, laquelle proclame que « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits » (art. 1), que « toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants librement choisis » et que « toute personne a droit d'accéder, dans des conditions d'égalité, aux fonctions publiques de son pays » et déclare que la volonté populaire, fondement de l'autorité des pouvoirs publics, doit s'exprimer via des élections honnêtes ayant lieu périodiquement (art 21), ce qui répond magistralement à l'objection selon laquelle la monarchie serait démocratique dès lors qu'elle aurait été choisie en 1830, époque où seul un petit pourcent de la population avait le droit de vote, faut-il le rappeler.

Ne nous laissons donc pas entraîner dans de faux débats, sur les coûts comparés de la république et de la monarchie, sur le fait que le Vlaams Belang aussi serait républicain - ce qui est d'ailleurs faux - , sur le fait qu'Albert II est si gentil ou que Baudouin fut tant pleuré. L'essentiel est ailleurs. L'essentiel est qu'un jour enfin, des citoyens prennent leur destin en main et décident d'abolir une institution archaïque et dépourvue de toute légitimité démocratique.

Il y faudra du temps. A la création du Cercle républicain, voici 5 ans, nous étions conscients que nous ne verrions probablement jamais cette république. Mais qu'importe ? Ce n'est pas parce que le chemin est long et semé d'embûches qu'il est inutile. Et cette journée constitue l'une des étapes de ce long chemin.

Vive la République !

Nadia Geerts
Secrétaire générale du Cercle républicain

Albert II, le racisme et les écoliers (20 avril 2005)

Notre bon Albert II s'est donc fendu d'une visite privée à la firme Remmery, à Ledegem, afin de soutenir Rik Vannieuwenhuyse, l'employeur sur qui pèsent des menaces de mort au motif qu'il emploie une musulmane portant foulard. Jusque là, rien à dire. Où les choses se corsent, c'est lorsqu'on apprend que quelque trois cent enfants (300 !) d'une école maternelle locale ont débarqué. Une école maternelle, c'est-à-dire des enfants âgés de 2 ans ½ à 6 ans. Tant qu'à exploiter le sujet avec de si jeunes élèves, on aurait préféré qu'on les sensibilise à la tolérance, à la non-violence et à la solidarité avec leur camarade Ayup, fils de Naïma, plutôt que de les envoyer agiter des petits drapeaux belges sur le passage du roi. Même si, sans cela, le public se réduirait comme peau de chagrin, comme ce fut encore le cas à Ledegem où on ne comptait qu'une petite dizaine de spectateurs adultes.

L'occasion de rappeler que le Cercle républicain met à disposition une lettre de protestation à adresser aux échevins de l'instruction publique et bourgmestres qui organisent ainsi l'inoculation du virus monarchiste de nos chères petites têtes.

Nadia Geerts
Secrétaire générale du Cercle républicain


Ostende, fief républicain? (20 avril 2005)

On se souvient que la Donation royale avait chassé l'an dernier un restaurateur de la Villa royale d'Ostende qui exploitait cette dernière depuis vingt ans, au motif qu'il s'agissait d'une activité commerciale. Depuis un an donc, la Villa est à l'abandon, et se dégrade, à tel point qu'elle est aujourd'hui répertoriée dans l'inventaire des maisons à l'abandon, détériorées ou déclarées inhabitables de la ville, et que son propriétaire va donc se voir réclamer le payement d'une taxe de 25.000 € - et non 2.500 €, comme communiqué initialement par le Soir du 18 avril. C'est en effet en tant que bâtiment d'entreprise cumulant deux infractions, et non en tant que maison, que la Villa sera taxée, et ce à moins qu'elle trouve un nouveau locataire d'ici fin 2006.

Si l'on ajoute à cela qu'une bande de joyeux drilles ostendais a entrepris de mutiler les statues de rois ornant la ville, coupant ainsi une main à Léopold II sans que les autorités ostendaises s'en émeuvent, il y a de quoi s'interroger et conclure, comme le faisait déjà Eddy Surmont dans le Soir du 18 avril, que sans doute « la reine des places ne comptera plus jamais une tête couronnée parmi ses citoyens& ».

Nadia Geerts
Secrétaire générale du Cercle républicain

Le prince Philippe signe le manifeste républicain (1er avril 2005)

Lors d'une rencontre amicale entre le prince Philippe et les représentants du Cercle républicain (CRK asbl), Madame Nadia Geerts, secrétaire générale du CRK, a présenté au prince les différentes réalisations du Cercle. Parmi celles-ci figurait le manifeste "Appel à une citoyenneté responsable - pourquoi nous sommes républicains".

Le prince Philippe, connu pour son engagement en faveur de la vie associative et de la citoyenneté, tint beaucoup à apposer sa signature au bas du document, rejoignant ainsi les quelque 500 citoyens qui l'ont précédé dans cette démarche. Rappelons que le manifeste du CRK réclame l'abolition de la monarchie.
Le prince Philippe voulut également signer la pétition que le Cercle républicain a introduite auprès du Parlement européen le 1er mai 2004, mais les responsables du CRK lui rappelèrent que cette pétition, qui réclame l'abolition de la monarchie sur tout le territoire de l'Union européenne, était déposée par des associations, et non par des particuliers. Le prince insista qu'il pouvait agir au nom de l'association sans but lucratif que représente la famille royale, mais l'assemblée républicaine, soucieuse de légalité, se montra inflexible.

La réunion se termina par un verre de l'amitié et un toast porté à la république.


Le prince Philippe remet ça

La nouvelle bourde du prince Philippe agite le landerneau politique belge. Pour sa part, le Cercle républicain s'étonne qu' bientôt 45 ans, le successeur au trône de Belgique ne soit toujours pas à même d'évaluer l'importance symbolique d'une signature - princière ! - apposée au bas d'un document. Pas n'importe quel document, puisque le document en question émane d'un groupe de défense d'intérêts particuliers, ceux des entrepreneurs en l'occurrence.
Même s'il n'est pas strictement tenu au devoir de réserve imposé au roi, le bon sens voudrait qu'un futur roi tende vers la plus stricte neutralité et s'interdise donc toute prise de position pouvant trahir une sensibilité particulière. Philippe est manifestement loin du compte.
L'incident nous force aussi à nous interroger sur le fait que le monde politique belge ne dispose d'aucun moyen constitutionnel d'empêcher l'accès au trône d'un successible, quand bien même il serait manifestement inapte à remplir correctement son rôle de chef de l'Etat. Pour peu que le prince n'épouse pas sans le consentement du gouvernement, le trône lui tend les bras, en vertu du seul sang. Et il y restera jusqu' sa mort, à nouveau quoi qu'il fasse ou à peu près.
Quelle est la légitimité démocratique d'une institution qu'aucun mécanisme démocratique ne permet de sanctionner, et qui contraint donc ses " sujets " à l'insurrection ou à la résignation ? Poser la question, c'est y répondre.

Nadia Geerts
Secrétaire générale du Cercle républicain

Monarchie et démocratie

Une interview de Nadia Geerts, secrétaire générale du Cercle Républicain, par Jerôme Jamin, parue dans le n°30 de la revue "Aide-mémoire" des Territoires de la Mémoire (octobre-décembre 2004).

De prime abord, personne ne semble contester en Belgique les vertus d'un roi qui rassemble le peuple et assure sa cohésion. C'est même vraisemblablement l'argument essentiel de ceux qui défendent la monarchie et ses traits les plus caricaturaux, et aussi en toute logique l'argument qui résiste le mieux aux tirs ennemis des républicains, des séparatistes ou de l'extrême droite flamande. Là ou règnent les conflits entre groupes linguistiques, les différences de classes et les oppositions d'intérêts, le roi « incarnerait l'unité du peuple », sa solidarité et son harmonie& Mensonge ou réalité ? Nécessité ou imposture ?

Jérôme Jamin : Nadia Geerts, dans quelle mesure considérez-vous que la monarchie représente un frein voire une injure à la démocratie ?

Nadia Geerts : La monarchie est un système non seulement archaïque, hérité de l'Ancien Régime, mais aussi fondamentalement antidémocratique. Il est contraire à plusieurs articles de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme : l'article premier qui dit que «tous les être humains naissent libres et égaux en dignité et en droits»; l'article 7 qui dit que «tous sont égaux devant la loi», et l'article 21 qui affirme le droit de chacun à prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants librement choisis. Le même article stipule que toute personne doit avoir accès aux fonctions publiques de son pays et précise que l'autorité des pouvoirs publics se fonde sur la volonté populaire, laquelle doit s'exprimer par des élections régulières au suffrage universel. La Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne interdit quant à elle toute discrimination fondée notamment sur la naissance. De plus, il y a quelque chose de profondément gênant, sur le plan des principes, à ce qu'un chef d'Etat ne soit pas élu et à ce qu'il ne puisse être sanctionné, par le biais d' élections, par exemple. Une fois qu'il est sur le trône, et à moins d'une révolution ou d'une grosse crise de régime, le roi est le chef de l'Etat jusqu'à sa mort, quel que soit le degré de satisfaction du peuple, qui est pourtant «souverain» selon la constitution... Evidemment, ça ne veut pas dire que la Belgique ne soit pas, globalement, une démocratie. Mais cela veut dire que subsiste en son sein une institution antidémocratique. On se grandirait en se débarrassant de ce reliquat d'Ancien Régime. Un peu comme un enfant parvenu à maturité se libère de l'autorité paternelle. La monarchie infantilise le citoyen. Elle lui donne l'impression qu'au-dessus des hommes politiques, au-dessus des représentants élus, doit nécessairement subsister une figure supérieure, non élue et inamovible. Elle infantilise les hommes politiques aussi, qui sont toujours impressionnés lorsqu'ils sont reçus en audience au palais. Un roi, ça ne se critique pas comme on critiquerait le commun des mortels ! Or, dans une véritable démocratie, le débat doit pouvoir avoir lieu entre pairs.

Jérôme Jamin : Vous évoquez la démocratie à partir de ses valeurs et de ses principes fondamentaux qui sont en totale contradiction avec le régime monarchique. Peut-on en dire autant au niveau des pratiques concrètes et quotidiennes du roi dans l'exercice de son pouvoir ? Et surtout de quel pouvoir en définitive ?

Nadia Geerts : Il est très difficile de parler du pouvoir du roi tel qu'il s'exerce en réalité : du côté des monarchistes, on affirme tour à tour qu'il n'a pas de pouvoir et qu'il est indispensable, et du côté républicain, on défend l'idée qu'il détient un pouvoir considérable, mais occulte, qui se traduit essentiellement par l'influence qu'il peut exercer sur la décision politique. Le hic est que finalement, personne ne sait grand chose de ce pouvoir, puisque le roi est couvert par le secret et que nul ne peut divulguer le contenu d'un colloque singulier avec lui. On en est donc réduit, dans une certaine mesure, à spéculer. Néanmoins, deux choses sont sûres : d'abord, certains témoignages permettent d'affirmer que Baudouin a exercé une influence considérable, notamment sur la politique étrangère et les questions éthiques. Roger Lallemand en témoigne très clairement, avec beaucoup de respect d'ailleurs, dans son livre «Le songe du Politique» où il retrace l'histoire du projet de dépénalisation de l'avortement et les avatars qu'il a subis, en partie du fait du catholicisme exacerbé de Baudouin. J'ai personnellement consacré un livre (Baudouin sans auréole, éditions Labor/Espace de Libertés, 2003) à ces dérives du règne de Baudouin. Ensuite, il y a la logique : comment imaginer qu'un homme qui est le chef de l'Etat, qui a le pouvoir de nommer et de révoquer les ministres, qui fréquente tout ce que la Belgique comporte de personnages influents dans les secteurs politique ou économique, et qui de surcroît reste sur son trône tandis que les gouvernements se font et se défont, n'aurait pas un considérable pouvoir d'influence ? Comment concevoir que sa parole pourrait ne pas peser d'un poids tout particulier ? Et comment imaginer que sachant cela, il choisisse de se taire? Le problème est que lorsque le roi pèse de tout son poids dans la balance pour lutter contre le racisme ou l'éclatement du pays, on l'écrit, on en parle dans la presse, parce que c'est relativement consensuel. Ce sont des opinions qui ne mangent pas de pain, en quelque sorte. Mais lorsque le palais fait pression sur l'instruction du procès des 4 de Butare (ces Rwandais accusés de complicité de génocide), on n'en parle pas beaucoup dans la presse. Pourtant, c'est autrement éclairant sur ce qu'est, aujourd'hui, l'action du roi en Belgique ! Tant qu'il n'y aura pas de véritable transparence dans le processus de décision politique, tant que, par exemple, le roi sera couvert par la responsabilité ministérielle pour le moindre de ses faits et gestes, on ne pourra pas déterminer ce qu'est exactement le pouvoir du roi. Mais croire qu'il est inexistant ou négligeable serait, à mon avis, de la naïveté. Même si évidemment, le palais fait beaucoup, ces dernières années, pour se profiler comme une institution moderne, pourvoyeuse de rêve et détentrice d'une fonction exclusivement protocolaire. N'oublions tout de même pas que la monarchie belge est, de toutes les monarchies de l'Union européenne, celle qui a gardé le plus de pouvoirs constitutionnels, et que le roi des Belges a plus de pouvoir que le président de la république fédérale allemande !

Jérôme Jamin : Vous évoquez les positions consensuelles de la Monarchie. A ce sujet, quels sont les liens entre celle-ci et les milieux les plus conservateurs de notre pays, notamment l'Eglise ?

Nadia Geerts : Il y a entre eux des liens historiques évidents, tout comme existe une tradition historique d'alliance du trône et de l'autel. Ces liens se sont encore renforcés avec Baudouin, dont nul n'ignore le fervent catholicisme, qui l'a d'ailleurs parfois amené à faire passer sa foi au-dessus de sa fonction. On connaît par ailleurs l'appartenance de la plupart des membres de la famille royale au Renouveau Charismatique. Par contre, bien qu'on ait entendu beaucoup de rumeurs à ce sujet, aucun observateur n'a jamais pu établir l'existence de liens privilégiés entre l'Opus Dei et le palais. Quoi qu'il en soit, les prises de positions de Baudouin en matière éthique étaient directement inspirées par celles du Vatican. Aujourd'hui, le palais royal se donne beaucoup de mal pour paraître plus pluraliste : Mathilde accouche dans un hôpital du réseau non confessionnel, Albert reçoit au palais des enfants ayant participé à la fête laïque, le Te Deum du 15 novembre est devenu - enfin ! - une cérémonie privée, etc. Ces ravalements de façade n'empêchent pas que la famille royale incarne toujours une vision extrêmement traditionnelle et conservatrice de la société. Ce qu'on dépeint parfois comme extraordinairement moderne dans l'évolution du palais ces dernières années - le fait que Mathilde et Claire aient fait des études et exercé une profession, par exemple -, ce sont des choses qui se sont généralisées dans la société «civile» depuis trente ans au moins ! De manière plus générale, la monarchie est, pour des raisons évidentes, l'alliée naturelle de l'ordre établi et des institutions. Elle n'a aucun intérêt à les voir remises en question, car ce serait scier la branche sur laquelle elle est assise. C'est pour cette raison, notamment, que l'idée d'un roi «au-dessus de la mêlée» tient du mythe.

Jérôme Jamin : Vous militez pour l'abolition de la monarchie. Comment voyez-vous le processus en termes d'étapes et d'agenda ? Etant entendu que cela ne se fera pas en une semaine !

Nadia Geerts : Les choses se feront plus que probablement de manière croissante, par le vidage progressif de la coquille qu'est la monarchie. C'est donc par le biais de réformes constitutionnelles, et donc de débats parlementaires, que la monarchie perdra progressivement de son pouvoir. C'est là que nous, citoyens, avons un rôle à jouer. Pour que nos représentants élus aient à coeur de défendre des réformes de ce type, il faut que nous leur envoyions un signal clair, qu'ils sachent que la monarchie n'est plus une institution sacro-sainte et intouchable, mais qu'au contraire beaucoup de leurs concitoyens contestent sa légitimité et sont partisans d'une république. Les sondages créditent généralement les républicains de 15% des suffrages... Ca fait tout de même plus que le score du CDh ou d'Ecolo, et nous n'avons pour cela aucun moyen de propagande, ce qui n'est pas le cas de la monarchie ! Et parmi les hommes politiques, il y a des républicains. Mais souvent, ils n'osent pas l'avouer, par peur de perdre une part de leur popularité ou de compromettre leur avenir politique. Je pense qu'une fois que la monarchie n'aura plus aucun pouvoir, se posera naturellement la question de son utilité. «A quoi sert un roi qui ne sert à rien ?», en quelque sorte... La société serait alors prête à envisager l'abolition pure et simple de la monarchie. Mais il est évident que cela prendra du temps.

Jérôme Jamin : Après les derniers résultats électoraux de juin, ne pensez-vous pas dans l'état actuel des choses que l'institution monarchique constitue un moindre mal voire une nécessité pour la survie de la Belgique et l'avenir de notre pays ?

Nadia Geerts : Les derniers résultats électoraux sont alarmants, essentiellement en ce qui concerne le succès des partis d'extrême droite. Il est évident qu'au regard de cette menace pour la démocratie, la monarchie passe, y compris à mes yeux, au second plan. Mais la politique et l'action citoyenne ont toujours été faites de deux volets : un volet «de fond» et un autre, de terrain. Pourquoi devrait-il en être autrement aujourd'hui ? Peut-être est-ce d'ailleurs un élément d'explication de la désaffection des électeurs envers les partis traditionnels : y parle-t-on encore réellement de valeurs, d'idées ? Trop souvent, il me semble que la stratégie l'emporte. Or, la république, c'est un ensemble de valeurs.
D'autre part, la survie de la Belgique ne me paraît pas être une valeur en soi. Ce qui vaut en la matière, c'est ce qui correspond aux aspirations de la majorité de nos concitoyens. La Belgique n'a pas, en soi, plus de légitimité qu'une éventuelle république wallonne ou flamande, par exemple. Et le nationalisme belge n'est pas préférable à mon sens au nationalisme wallon ou flamand ! Tout autre chose est de défendre la démocratie, car celle-là est objectivement et moralement préférable à la dictature. De même pour la république, qui repose sur des fondements, des valeurs plus démocratiques, donc plus légitimes, que la monarchie.

Pour résumer, je dirais que ce qui m'importe, c'est la survie d'un Etat démocratique et le perfectionnement de cette démocratie. La scission de la Belgique - que personnellement je ne souhaite pas, mais c'est un autre problème - ne me paraît pas être nécessairement un obstacle à ces exigences démocratiques. La monarchie, elle, l'est très certainement.

Source: www.territoires-memoire.be

Cycle de conférences

La Commune de Tintigny organise, dans le cadre du 175ième anniversaire de la Belgique et du 25ième anniversaire du fédéralisme, un programme de conférences mensuelles portant sur l'histoire de la Belgique. Dix conférenciers s'y succèderont, parmi lesquels Nadia Geerts, secrétaire générale du Cercle républicain. Voici la liste exhaustive des conférences (portant chaque fois le titre du livre dont parlera leur auteur) :

15 janvier J-C Van Cauwenberghe, « Choisir la Wallonie »

12 février G. Fonteyn, « Mouvement Flamand et Action Wallonne »

12 mars M. Dumoulin, « Léopold III, les enjeux d'une controverse »

16 avril O. Defrance, « Léopold Ier et le Clan Cobourg »

14 mai L. Catherine, « Léopold II, la folie des grandeurs »

11 juin J. Noterman, « Le roi tué, la première enquête approfondie sur la mort d'Albert Ier »

10 septembre P. Stephany, « Les dessous de la Régence 1944-1950 »

8 octobre E. Raskin, « La Princesse Lilian, la femme qui fit tomber Léopold III »

12 novembre N. Geerts, « Baudouin sans auréole »

10 décembre C. Laporte, « Albert II, premier roi fédéral »

Lieu : salle de musique de Bellefontaine, rue JC de Hugo.

Heure : 15h

Prix : 5 €

Infos : Danier Olivier, 23 rue du Centenaire à 6730 Ansart - 063/446.192

Lettre ouverte aux rédacteurs en chef (7 mai 2004)

Madame, Monsieur,

Le 1er mai dernier, une plateforme républicaine constituée de 13 associations démocratiques issues des 7 monarchies d’Europe adressait au Parlement européen une pétition réclamant l’abolition de la monarchie. Un communiqué de presse vous a dûment averti de cette initiative, et ce dès le vendredi 30 avril.
Pourtant, sauf erreur de notre part, AUCUNE de vos éditions, dans AUCUN média belge, n’a jugé utile d’informer ses lecteurs, ne serait-ce que par une brève, du dépôt de cette pétition. A contrario, la presse étrangère, tant française qu’allemande, a quant à elle relayé l’information.

Le lundi 3 mai, cependant, l’ensemble de la presse belge rendait un vibrant hommage à la liberté de la presse. Parmi les informations essentielles ce jour-là : l’interview de la princesse Astrid et les remerciements émus adressés au prince Philippe par une jeune Africaine atteinte du SIDA …

Le Cercle républicain s’interroge sur les critères qui ont présidé à la décision unanime de toutes vos rédactions de ne pas dire un mot d’une pétition d’envergure, réclamant rien moins que l’abolition de la monarchie dans tous les pays de l’Union européenne. Nous avons peine à croire que chacun de vous ait conclu, indépendamment de toute concertation et de toute influence, à l’absence totale d’intérêt de cette information pour vos lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs.

Il nous est difficile de croire, après cela, à une totale liberté de la presse en Belgique, sans nulle (auto-)censure qui vienne la brider dès lors que l’on a l’outrecuidance de s’en prendre à la monarchie. Soutiendrez-vous en effet qu’il est plus important pour vos lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs de savoir qu’Astrid se sent plus femme que princesse ou que Philippe paye de ses – pardon : de nos – deniers le traitement d’une victime du Sida, que de savoir que le Parlement européen a été saisi d’une requête visant à abolir la monarchie au nom de la déclaration universelle des droits de l’homme ?

La docilité avec laquelle vous relayez le moindre communiqué du Palais, ainsi que votre mutisme actuel sur la contestation républicaine – démocratique : c’est une tautologie, mais en avez-vous conscience ? – ne plaident pas en la faveur d’une presse belge indépendante et émancipatrice.

 

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