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Actualités
Le prince Philippe met en cause la liberté de la presse
Le Prince Philippe s'est autorisé aujourd'hui à remonter
les bretelles à deux journalistes dont la rédaction
- le Morgen et VTM - avait publié des comptes rendus négatifs
sur sa mission économique en Afrique du Sud.
Selon le prince Philippe, il est inopportun d'émettre un
avis critique sur le futur roi qu'il est. Et ce d'autant plus que
le Palais n'est pas en mesure de se défendre. Dès
lors, le prince menace de ne plus recevoir au Palais les journalistes
coupables d'allégeance insuffisante.
Le Cercle républicain constate que, malgré la formation
pointue dont il a bénéficié depuis le berceau,
le futur roi des Belges n'a toujours pas assimilé le principe,
fondamental en démocratie, de la liberté de la presse,
laquelle n'a de sens que si elle autorise à critiquer le
pouvoir.
Le Cercle républicain remarque que, dans cette affaire comme
dans celle ayant mis en cause le prince Laurent récemment,
l'obligation de silence du Palais est perçue et brandie comme
une injustice.
Le Cercle républicain rappelle que certains régimes
permettent au chef de l'Etat de s'exprimer librement, et l'y encouragent
même, y compris face à des journalistes. Dans ces régimes,
le futur chef d'Etat s'exprime d'autant plus librement que nul ne
sait qu'il sera un jour chef d'Etat.
Cela s'appelle une république.
Sur le même sujet, lire aussi le communiqué de presse
d'Ecolo ici
63% de monarchistes: préparons l'après Albert II
!
Le Soir fait aujourd'hui état d'un sondage
publié dans le Soir Magazine de ce 24 janvier, selon lequel
63% des Belges seraient favorables au maintien de la monarchie.
Diable ! Il y a quelques années, les sondages créditaient,
au mieux, le camp républicain de 20% des suffrages. Aujourd'hui,
pas moins de 37% de la population serait soit républicaine,
soit - soyons de bons comptes - indifférente à la
question !
Le Cercle républicain ne peut donc que conseiller à
tous ces hommes et femmes politiques qui n'avouent leur républicanisme
qu'en privé d'enfin sortir du bois. La monarchie a manifestement
cessé d'être un tabou. Etre républicain n'est
plus le fait d'un quarteron d'intellectuels. La république
avance, il serait dommage que les politiques soient les derniers
à s'en apercevoir.
Quant aux médias, le Cercle républicain espère
qu'ils auront désormais à coeur de relayer les sentiments
monarchiste et républicain à proportion de leur représentativité
dans l'opinion publique. A quand un "Place républicaine"
ou un "C'est du républicain !" ?
Préparons l'après-Albert II !
En marge du procès d'Hasselt...
Le Cercle républicain s'étonne:
que le procureur du roi Erwin Steyls se soit opposé à
l'audition du prince Laurent sous prétexte qu'aucun cérémonial
particulier n'avait été prévu. Le Cercle républicain
se félicite de ce que la présidente, Christine Coopmans,
n'ait pas cédé à cet argument ahurissant.
qu'un crucifix - de taille respectable - soit toujours accroché
au mur du prétoire du tribunal d'Hasselt. A notre souvenance,
il y a pourtant plusieurs années que les crucifix auraient
dû être enlevés des cours et tribunaux de Belgique,
au nom de la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Séparation
certes rendue difficile par la présence au sommet de l'Etat
d'une famille royale ostensiblement catholique, mais tout de même...
que des enfants des écoles aient été contraints
d'aller agiter des petits drapeaux sur le passage de Laurent de
Belgique. Le Cercle républicain s'insurge contre cet endoctrinement
exercé sur de jeunes enfants à qui on apprend à
acclamer la famille royale plutôt que de développer
leur sens civique et critique.
« Aucune raison d’accorder une dotation à Astrid
et Laurent »
Nadia Geerts, Présidente du Cercle républicain.
Propos recueillis par Dominique Berns.
Article publié en page 18 du Soir des 6 et 7 janvier
2007.
Bien que vous soyez républicaine, vous devez vous
accommoder de notre monarchie, dans la mesure où ce régime
n’a pas été renié par une majorité
de vos concitoyens, et convenir que le roi doit bénéficier
d’une Liste civile, l’équivalent d’un budget
de fonctionnement lui permettant de remplir sa fonction ; et que
l’héritier, dès le moment où il est majeur,
doit bénéficier d’une dotation. C’est
le cas de Philippe. En revanche, vous contestez le fait que les
deux autres enfants du roi, Astrid et Laurent, bénéficient
d’une dotation. Pourquoi ?
En tant que républicaine, je ne peux m’empêcher
de penser que ce système est lié à l’existence
de la monarchie, un système d’Ancien Régime,
pour l’abolition duquel je milite. Mais si on se place dans
la logique monarchique, il est normal que le Roi bénéficie
d’une liste civile et que l’héritier présomptif
perçoive une dotation, puisqu’il doit se préparer
à sa fonction, qu’il peut devoir attendre longtemps
– pensons au prince Charles du Royaume-Uni – et qu’il
ne faut pas l’exposer aux aléas et vicissitudes de
la vie professionnelle. J’ajoute que cette dotation devrait
être soumise au contrôle de la Cour des comptes, comme
l’a suggéré vendredi le Premier ministre.
Mais je ne peux comprendre que les autres enfants du roi bénéficient
d’une dotation. Le cas du prince Laurent est tout de même
exemplaire. Avec l’abrogation de la loi salique (NDLR : qui
interdisait le trône aux femmes) et les naissances survenues
chez Philippe et Astrid, le fils cadet du roi occupe la 11e place
dans la liste de succession. Il ne régnera jamais –
sauf à imaginer une épidémie touchant la famille
royale, une catastrophe digne d’Hollywood ou une « tuerie
sanglante » comme ce fut le cas au Népal en 2001 (NDLR
: dans la soirée du 1er juin 2001, le prince héritier
népalais, dans un accès de démence, assassina
dix membres de la famille royale). Soyons sérieux : il est
aberrant de lui accorder une dotation. De même, Astrid ne
devrait pas en bénéficier. Quant à la dotation
accordée à la reine Fabiola, son montant – 1,444
million d’euros - est astronomique lorsqu’on sait qu’elle
n’a que très peu de frais personnels.
Les enfants du roi sont cependant sénateurs de droit.
Dans le cadre de cette fonction pour laquelle ils ne perçoivent
pas de traitement, n’est-il pas normal qu’une dotation
leur soit accordée, ne fût-ce que pour les mettre à
l’abri de toute forme de pression ?
Je suis tout à fait prête, dans le cadre de cet entretien,
à mettre entre parenthèses mes convictions républicaines
et à jouer le jeu : nous vivons en monarchie, j’admets
de raisonner dans ce cadre. Mais je ne peux pas cautionner une institution
– les sénateurs de droit – que je juge tout à
fait obsolète, sinon franchement anti-démocratique.
Les sénateurs sont des représentants élus par
les citoyens pour un mandat limité dans le temps. Il n’y
a pas de raison qu’il existe des sénateurs à
vie, par la seule grâce de leur naissance qui plus est !
L’institution vise à préparer le futur
souverain à sa fonction…
A partir du moment où la monarchie en elle-même me
paraît anti-démocratique, il m’est difficile
de soutenir un raisonnement qui part du principe que la monarchie
doit être préservée. Dans la logique monarchique,
faire de Philippe un sénateur de droit a du sens ; pas dans
la logique républicaine.
Imaginons que Philippe décède. Sa fille Elisabeth
étant mineure, il faut nommer un régent. Ou plus exactement,
une régente : Astrid.
La régence est une fonction occupée temporairement,
transitoire. Il ne me semble pas problématique que celui
ou celle qui pourrait être amené(e) à la remplir
ait vécu par ailleurs une vie normale, d’autant qu’une
fois sa mission achevée, il ou elle retrouvera une vie normale.
Prenons, si vous le voulez bien, un angle qui ne soit plus
celui des principes, mais celui de la contingence. Ne vaut-il pas
mieux fixer officiellement et de manière transparente une
dotation que de mettre sur pied une institution ad hoc afin de rémunérer
un prince – je fais bien entendu référence à
la création en 1994 de l’Institut royal pour la gestion
durable des ressources naturelles et la promotion des énergies
propres (IRGT), une ASBL où Laurent a perçu un salaire
de 1 million de FB par mois jusqu’au moment où il a
bénéficié d’une dotation ?
La création de l’IRGT est un scandale. Et, au regard
de ce scandale, tout était préférable, même
une dotation ! Mais cela ne signifie pas que je trouve légitime
de verser à Laurent un salaire « d’expert »,
puis une dotation, s’élevant à 1 million de
francs belges par mois ! Je m’interroge donc sur la raison
qui a poussé le monde politique à se sentir obligé
de trouver une rémunération au prince Laurent. Je
vois là un exemple du pouvoir d’influence du Palais.
Et je me réjouirais de voir la monarchie ne jouer, dans notre
pays, qu’un rôle strictement protocolaire – de
manière transitoire, bien sûr ! Laurent, certes, est
né à Laeken. Mais c’est un homme et un citoyen
comme un autre. Il ne sera pas appelé à régner.
Il n’y a aucune raison pour qu’il ne vive pas comme
tout le monde. Qu’il travaille, comme tout un chacun.
Communiqué de presse: Laurent pourra être entendu
comme témoin
Le Cercle républicain se réjouit de ce que la ministre
de la justice ait in extremis pris un arrêté royal
permettant l’audition de Laurent en tant que témoin,
arrêté qui fut immédiatement signé par
le roi.
Il est en effet proprement inconcevable que le prince Laurent n’ait
pas été au courant des travaux effectués dans
sa villa, et tout être normalement constitué se préoccuperait
de la provenance des fonds permettant de tels travaux. L’audition
du prince Laurent fournira donc vraisemblablement des éléments
essentiels pour le procès qui devrait s’ouvrir ce lundi
à Hasselt, si du moins Laurent ne se retranche pas derrière
son droit au silence, et ce afin, précisément, de
ne pas être contraint à s’accuser lui-même.
Le Cercle républicain regrette donc que l’instruction
n’ait pas cherché à clarifier le rôle
exact du prince Laurent dans cette affaire. En restera l’impression
désagréable que le fils cadet du roi n’a pas
été traité, dans cette affaire, comme l’aurait
été n’importe quel citoyen cité dans
un dossier judiciaire.
Il est à cet égard piquant que ce soit le roi en
personne qui ait dû rappeler, lors de son discours de Noël,
que nul n’était au-dessus les lois. Le roi a sans doute
eu là l’intelligence stratégique qui a manqué
à nombre de thuriféraires de la monarchie, lesquels
n’ont pas vu qu’à trop protéger le prince,
c’est la monarchie qu’ils mettaient en péril.
Le Cercle républicain voit là une nouvelle preuve
de l’existence d’un réel pouvoir d’influence
du roi : tout se passe comme si beaucoup avaient attendu son signal
pour faire enfin leur devoir.
Enfin, le Cercle républicain se félicite que l’
« affaire Laurent » donne lieu à des débats
salutaires sur la légitimité des dotations et sur
leur affectation, et lève le voile sur les origines de la
fondation de l’IRGT, institut dont le seul but était,
à sa création, d’occuper Laurent, pour la somme
grassouillette d’un million de francs belges par mois à
titre d’ « expert ».
Naissance du Parti Républicain Belge
SALUT A VOUS
Ce 18 décembre 2006 à 03:19 Hr
A Hermalle-s-Arg, naissance du Parti Républicain Belge (PRB),
sous un ciel étoilé cintré d' un voile de vapeur
nuageuse.
Beau parti démocratique, républicain, il va grandir
et rendre totalement démocratique notre beau pays la Belgique.
Tous les Belges seront enfin égaux devant la loi. Plus de
passe-droit dû la naissance,....
Seuls les mérites personnels seront admis et pris en compte!
Adieu écuyer, chevalier, baron, vicomte, comte, duc, prince,
roi, reine, et tout autre tique de l' ancien régime.
J'en appelle à tous les démocrates républicains,
rejoignez nos rangs : L' UNION FAIT LA FORCE.
Son fondateur,
Arthur Defoin
Ps : le site www.leprb.be, réservé par moi, en sera
son organe médiatique.
Prince Laurent: la tourmente ?
Le ban et l'arrière-ban des supporters les plus ardents
de la monarchie était présent ce dimanche midi sur
le plateau de Controverses pour répondre doctement à
la question "Prince Laurent: la tourmente ?" et démontrer
en toute objectivité qu' "Il n'y a pas d'affaire Laurent"
(Armand De Decker). Rudy Bogaert - qui fut précepteur du
prince Laurent et qu'on a connu moins politiquement correct, notamment
lorsqu'il présentait, en 2001, son protégé
comme un véritable cancre - y alla de sa petite intervention
pour affirmer que "Les dés sont pipés parce que
le colonel Vaessen ne craint rien", comme si le prince Laurent
craignait, lui, quoi que ce soit... et alla jusqu'à affirmer:
"Je ne vois rien d'illégal là-dedans". Isabelle
Durant, comme on pouvait hélas s'y attendre, continua à
piétiner les statuts de son parti, qui prévoient la
suppression des privilèges de naissance et l'abolition, à
terme, de la monarchie, en affirmant la bouche en coeur que "Ce
n'est pas une affaire de la monarchie mais une affaire de détournements
de fonds".
Christian Laporte rompit une lance en faveur du pauvre prince persécuté:
"On essaie d'impliquer des gens qui n'ont pas le droit de se
défendre", aussitôt relayé par Christian
Cannuyer, qui crut utile de préciser que "Les princes
ne sont pas au-dessus des lois, mais ont droit à la protection
de leur vie privée", stigmatisant l'inconscience de
ceux qui "causent des dégâts psychologiques dont
ils ne mesurent peut-être pas l'ampleur".
Francis Balace communautarisa le débat en suggérant
que la presse flamande exploitait une affaire juteuse médiatiquement,
et Anna-Marie Lizin renchérit en rappelant sentencieusement
qu'étaient actuellement en attente "une dizaine de propositions
de révision, pratiquement toutes introduites par le Vlaams
Belang", concluant - je vous le donne en mille - que "On
voit donc très bien d'où viennent les attaques".
Et la présidente du Sénat de se lancer dans un véritable
éloge des trois rejetons royaux: "Ils sont tous les
trois des sénateurs actifs, et moi j'aime bien ça",
"Ils travaillent bien", "On est injuste à
leur égard; ils essaient d'être utiles". D'ailleurs,
Madame Lizin "se pose beaucoup de questions par rapport à
ces attaques contre la monarchie". Elle voit dans cette "attaque
permanente" une "tactique qui est d'affaiblir au travers
de la monarchie l'instrument essentiel de la Belgique".
Christian Cannuyer alla jusqu'à affirmer "Nous sommes
en République" prétendant que "Le traitement
réservé au prince est identique à celui réservé
à n'importe quel citoyen", contredisant ainsi sans le
vouloir son compère Francis Balace qui avait affirmé
un peu plus tôt que "Nous ne sommes pas dans un pays
comme les autres" et que les princes et princesses, y compris
lorsqu'ils sont onzième dans l'ordre de succession, "ne
pourraient rien faire comme boulot".
Après un couplet désespérément jésuitique
et creux du père Guy Gilbert demandant "que les médias
ne jouent pas aux juges" et souhaitant un joyeux noël
aux Belges unis autour de "Laurent et Claire dans leur crèche
d'amour avec leurs trois enfants" on eut encore droit à
une dernière salve de soutien au pauvre prince persécuté:
Rudy Bogaert rappela que "On a souvent placé le prince
dans des situations absurdes" et que "une armée
de margoulins tourne autour de ces princes" pour "être
couverts en cas d'ennuis". Et après Armand De Decker,
qui demandait "Est-ce qu'un des trois enfants du roi peut prendre
les risques d'une activité ordinaire ?", Isabelle Durant
rappela qu'il fallait "leur permettre d'avoir des engagements".
Mes conclusions ?
Un: Il y a des pères fondateurs du socialisme qui doivent
se retourner dans leur tombe en entendant Anne-Marie Lizin, et des
écolos bien vivants qui ont dû avoir l'appétit
coupé par les propos d'Isabelle Durant.
Deux: Manifestement, le décalage était grand entre
les propos de ces "experts" et les interventions des téléspectateurs,
qui tournaient majoritairement, d'après Pascal Vrebos - puisqu'en
effet les téléspectateurs n'eurent quasiment pas droit
à la parole lors de l'émission -, autour de la question
"Pourquoi Laurent ne va-t-il pas travailler ?".
Trois: Personne sur le plateau n'a pu justifier qu'on ait créé
un Institut tout spécialement pour fournir occupation, responsabilités
et salaire plantureux (1 million de FB par mois) au prince Laurent.
Seule Isabelle Durant a tenté de protester que c'était
une noble cause (le développement durable, pas la thérapie
occupationnelle offerte au prince !) mais elle oubliait manifestement
qu'on n'avait pas attendu l'IRGT pour se préoccuper d'environnement.
Ce qui pour une sénatrice écolo est tout de même
un comble...
Quatre: Les larmes versées par Laporte, Balace, Cannuyer,
Bogaert, Lizin et Gilbert sur le malheureux fiston n'auront sans
doute pas fait pleurer dans les chaumières, puisqu'après
tout le bon sens voudrait en effet que Laurent de Saxe-Cobourg soit
traité comme tout le monde, sans privilège dû
à son rang ou à sa naissance. Si Laurent avait été
dès le départ traité comme n'importe lequel
de ses concitoyens, il y a fort à parier que le juge d'instruction
l'aurait entendu comme témoin, avant de décider ou
non de son inculpation. Ce qui aurait coupé court aux éventuelles
médisances.
Cinq: La monarchie a de toute évidence une armée
de thuriféraires prêts à lever une armée
de boucliers au moindre début d'attaque à la noble
institution. Il faut dire qu'on compte parmi eux un baron et quelques
ministres et/ou ministrables, nommés/nommables par le roi
donc.
Six: Heureusement qu'existe le Cercle républicain pour faire
entendre une voix dissonnante dans ce concert de louanges apitoyées...
Le docu-fiction de la RTBF
Le Cercle républicain est abasourdi de constater à
quel point ce qui n'était somme toute qu'un canular télévisuel
- de bon ou de mauvais goût, à chacun d'en juger -
prend les proportions d'une véritable affaire politique.
Quelques réflexions à cet égard:
- Le discours dominant des politiques consiste à déclarer
qu'on ne joue pas avec les institutions de la Belgique, comme s'il
y avait là un tabou absolu. Ce refus d'envisager une quelconque
modification de la structure de la Belgique institutionnelle caractérise
depuis trop longtemps la classe politique francophone et n'entraîne
rien d'autre qu'un repli frileux sur des pseudo valeurs qui ne sont
même plus questionnées: la Belgique et, bien sûr,
la monarchie.
Le Cercle républicain rappelle que seule la volonté
populaire fonde un Etat et qu'il n'y a donc pas lieu de jeter l'anathème
sur la question de l'avenir de la Belgique.
Quant à la monarchie, il est proprement incompréhensible
que des esprits se disant progressistes et démocrates s'accommodent,
voire défendent une telle institution. A ce propos, remarquons
qu'Elio Di Rupo a dû se faire retourner une fois encore les
fondateurs du socialisme belge dans leur tombe, en étant
le seul à notre connaissance à s'offusquer de ce que
la RTBF "mette en cause" le roi.
- Le Cercle républicain s'étonne qu'un Leterme ou
un Di Rupo jouent aujourd'hui leurs vierges effarouchées,
alors que le séparatisme est abordé lors de chacun
des congrès politiques de leurs partis.
- Dans la mise en scène orchestrée par la RTBF, les
partisans de la survie de la Belgique actuelle se retrouvaient massés
devant le palais royal. Le Cercle républicain ose espérer
que si d'aventure pareil scénario de scission de l'Etat belge
devait se réaliser, c'est devant le Parlement que se rassembleraient
les "belgicains", et non devant un palais royal qui ne
représente en rien le peuple belge et encore moins la démocratie.
Enfin, le Cercle républicain espère que l'émoi
suscité par cette fiction ne donnera pas lieu à un
lynchage politique qui mettrait à mal la liberté de
la presse, notion essentielle en démocratie.
Laurent la Magouille ?
Laurent de Saxe-Cobourg aurait bénéficié
de fausses factures émises par la Marine pour un montant
de 175.000 EUR (7 millions FB). Dans cette affaire, le Cercle républicain
tient à souligner certains points.
A aucun moment l'instruction n'a jugé nécessaire
d'entendre, fût-ce en tant que témoin, celui qui reste
le principal bénéficiaire consentant des fausses factures.
Selon le parquet de Hasselt (cité par Le Soir), c'était
inutile car "la villa Clémentine est propriété
de la Donation royale". Ainsi donc un fonctionnaire ou magistrat
de l'Etat pourrait se faire livrer illégalement services
et produits sans être inquiété, pour peu qu'il
se les fasse livrer dans un bâtiment appartenant à
l'Etat. Le Cercle républicain exprime son désarroi
devant une argumentation aussi grotesque. En effet, comment compléter
sérieusement un dossier d'instruction sans entendre le propriétaire
de la maison bénéficiaire de prestations illégales?
Nous tenons à protester de la manière la plus énergique
contre l'attitude du parquet, qui ne peut être perçue
que comme un signe supplémentaire de la vassalité
de nos institutions à la monarchie. Une fois de plus, les
critères de justice et de moralité politique applicables
à tous ne franchiront pas les portes du palais de Laeken.
Qu'il s'agisse d'infractions au code de la route ou de fausses factures,
il semblerait que le fils du roi, même s'il n'est pas appelé
à régner, ne doive pas être inquiété
par la justice, fût-ce en tant que témoin. Le Cercle
républicain exprime le souhait que nos magistrats et notre
classe politique prennent toutes les mesures nécessaires
afin que cessent au plus vite ces pratiques d'Ancien Régime.
Le Cercle républicain s'étonne également du
parfum de vassalité qui entoure le traitement de cette affaire
par la presse. Les médias s'accordent à dire que "le
prince était au courant de ces pratiques" et même
"demandeur", mais "n'est pas mis en cause" (sic).
Et de s'étendre sur la situation précaire du prince,
qui ne recevait à l'époque du palais paternel qu'un
maigre 75.000 FB par mois. Le Cercle républicain estime que
75.000 FB sont une allocation correcte pour une personne dont les
réalisations professionnelles ne sont pas entièrement
avérées, et s'étonne donc que ce montant semble
pour d'aucuns justifier un "petit coup de pouce" de...
7 millions de FB!
Vive la République!
Qui veut la peau du prince Philippe ?
Le reportage de « Question à la Une » intitulé
« Qui veut la peau du prince Philippe ? »
semble avoir eu pour unique fonction d’accréditer la
thèse simplissime suivante : ce sont les Flamands, séparatistes,
qui s’attaquent au prince Philippe, dans le but de faire éclater
la Belgique.
Qu’il puisse y avoir des Flamands républicains mais
unitaristes, mais aussi des francophones souhaitant qu’Albert
II soit le dernier roi des Belges, quelles que soient leurs préférences
quant à l’avenir de la Belgique, voilà qui semble
avoir échappé à la RTBF.
Il est vrai que c’est tellement plus simple comme ça,
avec d’un côté les méchants Flamands-séparatistes-et-républicains
et de l’autre les gentils francophones-unitaristes-et-donc-monarchistes-«
de raison ».
Et après ça, on demandera encore au Fonds Prince
Philippe d’œuvrer au rapprochement entre les communautés…
Nadia Geerts
Présidente du Cercle républicain (CRK asbl)
Soyons rationnels !
Le Cercle républicain a été très heureux
d’apprendre que le vice-président du PS, Philippe Moureaux,
se définissait lui-même comme un être «
rationnel », qui bien que n’étant pas « idéologiquement
monarchiste » était capable de « tenir
compte du contexte » et donc de ne pas demander la suppression
de la monarchie. Et l’on voit ressurgir de derrière
les fagots le mythe du roi ciment-de-la-nation. Comment en effet
comprendre autrement ce « contexte » qui rendrait
la monarchie acceptable, sinon indispensable ?
Face aux récents coups de griffes d’Yves Leterme à
l’encontre du roi et des francophones, face aux velléités
séparatistes ou à tout le moins confédéralistes
de certains politiques du Nord du pays, Philippe Moureaux n’a
donc rien trouvé de mieux que de brandir la marionnette royale
en guise de bouclier. Et de conspuer le méchant Leterme,
coupable à ses yeux de « terrorisme à l’encontre
de la monarchie ». Fichtre ! Rien que ça ?! C’est
que selon Moureaux, il s’agirait pour Leterme de « mettre
la famille royale sous pression » et d’ « obtenir
son ralliement au confédéralisme » en « la
menaçant de perdre son emploi ».
Récapitulons donc : aux yeux de Moureaux, quelqu’un
qui critique le roi est un terroriste. Et quelqu’un qui compte
sur ledit roi pour préserver l’unité de la Belgique,
alors que Baudouin lui-même – et on sait combien il
savait user de son pouvoir d’influence ! – n’a
rien pu faire pour empêcher le fédéralisme,
est un être rationnel…
Et si, « tenant compte du contexte », on
commençait enfin à s’affirmer comme « idéologiquement
républicain » – qui de sensé ne le
serait pas ? – et à poser la question de l’avenir
de la Belgique de manière totalement distincte de celle,
dès lors principiellement réglée, de l’institution
monarchique ? Sans compter sur le roi, archaïque chimère,
pour accélérer ou ralentir un processus qu’il
importe que nous, citoyens, nous réappropriions, pour faire
de la Belgique ce que nous voudrons qu’elle devienne ?
Nadia Geerts
Présidente du Cercle républicain (CRK asbl)
source: Le Soir, 30 août 2006
Lettre ouverte à La Poste : MonTimbre
Chère Madame La Poste,
Vous nous offrez depuis fin 2005 la possibilité de faire
réaliser par vous des timbres du motif de notre choix, pour
un prix qui avoisine le double de celui d’un timbre classique.
En tant que républicains, nous avons accueilli cette nouvelle
avec un véritable bonheur, lassés que nous étions
d’être contraints d’apposer sur chacun de nos
envois postaux la tête d’Albert II, le seul motif sempiternellement
disponible dans nos bureaux de poste. Certes, nous nous ruions chaque
fois que faire se pouvait sur les petites fleurs et autres motifs
bucoliques, et nous avions même fini par accepter avec bonhomie
les paysages champêtres lestés d’une église,
mais tout de même : la possibilité d’agrémenter
nos courriers d’une illustration reflétant nos convictions
plutôt que celles dont on prétend qu’elles sont
majoritaires en Belgique, voilà qui valait bien qu’on
délie les cordons de la bourse !
Seulement voilà : les petits caractères de votre brochure
de présentation sont on ne peut plus clairs : même
si « Tout est possible avec MonTimbre », il n’en
reste pas moins que « Le Client s’engage à ce
que cette illustration (...) ne contienne aucun élément
à tendance religieuse, politique, philosophique ou ethnique.
»
Votre souci de neutralité vous honore. Mais ne pourriez-vous
commencer par l’appliquer à vos propres timbres, et
nous dispenser dorénavant de tout élément «
à tendance religieuse, politique, philosophique ou ethnique
» sur ceux que vous émettez ? En commençant,
vous l’aurez compris, par nous délivrer des timbres
figurant un membre de la famille royale, puisqu’en toute bonne
logique, si être républicain est une tendance politique,
être monarchiste l’est tout autant.
A défaut, nous avons dans nos cartons plusieurs motifs de
timbres républicains (consultables sur http://www.crk.be/F/cartes_postales.php)
dont nous serions très heureux de pouvoir vous confier la
réalisation.
Ne doutant pas que vous aurez à cœur d’être
cohérents avec les principes que vous énoncez, c’est
en toute confiance que nous vous adressons nos sincères salutations
républicaines.
Nadia Geerts, présidente du Cercle républicain
Sam Touzani
Michel Mombeek
Claude Boumal
Nicole Lahaye
Roger Goddin
Françoise Cambie
Michel Smet, fonctionnaire
Didier Coeurnelle
Henry Dupont
Paul Van Langenhoven
Raymond Bruyer
Claude Semal
Henry Landroit
Christian Castiau, Président du cercle rationaliste "la
Fraternité" de Morlanwelz
Eric Luna
Christian Haccuria
Olivier Crasset
Vincent Robeyns
Jacques Culot
Pierre Letawe
Isabelle Beaurain
Jean-Marie Dehan
Yannick Bauthière
Guy Julien
Bernard Blairon
Jean Morren
Ivan Fox, comédien
Lise De Henau, comédienne
Martial Demunter
Sonia Lefebvre
Ouardia Derriche
Frédéric Tilquin
Serge Monsieur
Francis Delmotte
Nathalie Cahay
Jean-Marie Dermagne
Philipp Bekaert
Francis Schwan
Alain Lafère
Lettre au Roi des Belges à propos de...
NOTRE HITLER A NOUS
Sans souscrire au qualificatif de "génocide"
appliqué par l'auteur à l'épouvantable hécatombe
que constitua la colonisation belge au Congo - un génocide
implique en effet une volonté délibérée
d'extermination d'une population entière, tandis que les
pertes humaines au Congo ont plutôt été le fruit
d'une incommensurable indifférence à la vie et à
la mort d'un réservoir de main d'oeuvre taillable et corvéable
à merci - nous applaudissons néanmoins à l'esprit
général de cette lettre ouverte. Nous avons d'ailleurs
décerné en 2004 le Prix
du citoyen au réalisateur Peter Bates pour son documentaire.
Sire,
Avez-vous comme moi regardé hier soir sur
Arte le remarquable film documentaire Le roi blanc, le caoutchouc
rouge, la mort noire ?
Avez-vous été, vous aussi, horrifié en voyant
ces souffrances terribles infligées à la population
du Congo par le roi Léopold II entre 1885 et 1908 ? Ces enfants
dont on tranchait la main quand ils ne rapportaient pas assez de
caoutchouc ! Ces hommes dont on prenait les femmes en otage afin
qu'ils produisent plus ! Ces villages entiers qu'on brûlait
pour asseoir la terreur ! Ces tortures sadiques ! Avez-vous frémi,
vous aussi, en entendant l'historien M'bokolo expliquer que ce génocide
avait fait tomber la population du Congo de vingt millions à
dix millions ?
Ce n'est pas ce qu'on nous racontait à l'école, n'est-ce
pas ? On nous parlait d'un « grand souverain visionnaire et
bâtisseur » ! Alors qu'il s'est construit une des plus
grandes fortunes du monde, à coups de tortures, de massacres
et de mensonges !
Bruxelles, notre ville à vous et à moi, regorge de
statues et monuments à la gloire de ce « grand roi
». C'est gênant. C'est comme si Berlin arborait fièrement
des statues d'Hitler. Car, si on se place du point de vue des Noirs,
Léopold II, c'était bien notre Hitler, n'est-ce pas
? Blanches ou noires, les victimes ont la même valeur.
Que comptez-vous faire, Sire ? Bien sûr,
personne n'est responsable des actes de son arrière grand-oncle.
Mais enfin, s'il est vrai que la fortune de la famille royale belge
a pour origine un génocide, ça doit vous gêner
terriblement ! Alors, voici deux suggestions...
On parle beaucoup ces temps-ci, et à raison, du devoir de
mémoire. On visite Auschwitz, et c'est très bien.
Mais enfin, ne serait-il pas encore plus méritoire de s'occuper
de notre Hitler à nous ? Je ne propose pas d'enlever ces
statues choquantes. Il serait plus éducatif de les accompagner
de quelques plaques expliquant ce qui s'est vraiment passé.
Et de créer un musée du génocide congolais
que les écoles pourraient visiter.
Vous pourriez aussi, je ne sais pas, demander pardon ? Pas personnellement
bien sûr, mais pour montrer que vous ne voulez pas être
complice de ces crimes.
Et puis aussi, pour ne pas rester seulement dans
les symboles, ne pourriez-vous aider à réparer ? Comme
vous le savez, les plus grosses fortunes de la Belgique se sont
construites en pillant le Congo. Il existe un excellent livre, «Et
l'Europe sous-développa l'Afrique» où le professeur
Walter Rodney montre, faits et chiffres à l'appui, comment
le colonialisme a bloqué le développement de ce continent.
(Ce livre est déjà ancien et sans doute épuisé.
Si vous ne le trouvez pas, appelez-moi, je vous le prêterai
volontiers)
Donc, si votre grand-oncle a tant volé, vous serez bien d'accord
qu'il est juste de restituer. Vous donnerez ainsi un bel exemple
à plusieurs grosses sociétés belges.
C'est important pour le peuple du Congo. Il se débat dans
une misère épouvantable parce qu'on l'a volé.
Et, comme vous savez, parce que le pillage continue aujourd'hui.
Sous des formes plus camouflées mais plus efficaces encore.
C'est aussi important pour nous en Belgique. On dit que vous êtes
très préoccupé par la montée de nos
partis fascistes et racistes. Vous avez là un excellent moyen
de les contrer. Puisqu'ils ne cessent de présenter les réfugiés
noirs comme des « profiteurs » qui viennent nous prendre
notre bien-être, n'êtes-vous pas le mieux placé
pour leur couper l'herbe sous le pied ? En montrant que les peuples
noirs ne sont pas des profiteurs, mais des victimes. Et que notre
bien-être (enfin, plutôt le vôtre que le nôtre)
provient largement de ce pillage commis contre les Noirs.
Alors, Sire, je vous le dis bien sincèrement
: Remboursez ! Remboursez de bon coeur, ne gardez pas pour vous
le fruit du génocide ! Ainsi, vous pourrez regarder vos enfants
et petits-enfants les yeux dans les yeux. Et tous les enfants noirs.
Ca vaut mieux qu'un gros tas d'or mal acquis, n'est-ce pas ?
MICHEL COLLON
PS. Si vous souhaitez faire connaître votre
point de vue, vous rencontrerez peut-être des difficultés.
Les médias belges n'aiment pas en général remuer
cette boue. Alors, ne vous gênez pas, envoyez-moi votre texte.
Je le diffuserai volontiers dans ma mailing list. Qui présentera
prochainement un grand « Dossier Congo ». A bientôt,
Sire !
Le petit prince et les media
Ces derniers jours – au mois de mars 2006
– les médias ont fait un tabac autour de la question
suivante : ‘Est-ce que Philippe de Saxe-Cobourg a les capacités
de représenter son futur royaume à l’étranger
et dans les media ?’. Si bien même que la monarchie
paraît vraiment en perte de vitesse.
Mais quand on aborde ce sujet – la fin éventuelle
de la monarchie – avec des gens pris au hasard, il se manifeste
presque toujours une énorme aversion pour ‘la présidence’.
Je ne sais pas si Bush et Chirac y sont pour quelque chose, mais
les présidents sont cotés très bas par le citoyen
moyen. Ils sont associés à ‘la politique’
et la politique a par définition une connotation négative.
Un roi représente alors une sorte de contrepoids par rapport
aux politiciens corrompus.
Je sais bien que cette façon de voir les
choses existe depuis belle lurette, car la plupart des familles
royales ont – par leurs discours ou leurs actes - confirmé
le bon peuple dans cette croyance. Mais de nos jours d’autres
phénomènes sont en jeu. Au cours du dernier quart
de siècle, la politique et la fonction publique ont été
la cible de prédilection des médias, tandis que l’économie
et ses ‘opérateurs’ y ont obtenu un statut quasi-religieux.
Le lavage de cerveau incessant par les médias
dans les années quatre-vingt et nonante , a implanté
la croyance néo-libérale que « l’intérêt
public » ne peut être que l’addition des intérêts
(matérialistes) individuels des consommateurs, clients, producteurs,
actionnaires etc et rien de plus. Il s’est instauré
une nouvelle échelle de valeurs : aux yeux des nouvelles
générations, celui qui se préoccupe de valeurs
non matérielles est associé au camp des « perdants
» et celui qui obtient une réussite matérielle
(et donc sociale) immédiate est un « gagnant ».
Pour nous consoler de la perte de la solidarité
sociale , les médias nous offrent des allternatives : autour
de symboles , on organise des grand-messes médiatiques qui
créent un sentiment de solidarité superficiel et éphémère.
Telles les ‘mariages de conte de fées’ des princes
et princesses ; ou l’élection du pape, qui attire même
des non-croyants, , tellement le besoin de faire partie de l’événement
est fort….
Bien sûr, nous nous réjouissons que
la monarchie n’ait plus le vent en poupe. Mais nous devons
être conscients que ceux qui s’en prennent à
la monarchie quand ça rapporte sont les mêmes qui ‘ringardisent’
la notion d’intérêt public et donc l’essence
de la république. Que ça se fasse inconsciemment ou
délibérément, le résultat est le même.
Peter Vandermeersch, rédacteur en chef du journal De Standaard
l’a dit au journal de la VRT : « ….si Philippe
dit qu’il n’a pas une vocation de personnalité
médiatique, il doit bien être conscient que c’est
probablement le seul rôle qu’ « on » lui
laissera encore dans l’avenir…. ». Alors, c’est
qui , « on » ? Les citoyens ou les médias?
En Grande-Bretagne les ‘royals’ ont
perdu beaucoup de leur popularité , entre autres par l’atmosphère
permanente de scandale entretenue par les médias. Entre temps
on parle déjà d’une nouvelle « working
class aristocraty » créée par les mêmes
médias. Peut-être que les citoyens brittaniques éliront
David Beckham pour leur premier président et que Posh Spice
Victoria deviendra la first lady. En Hollande Pim Fortuyn a été
élu Plus Grand Néerlandais de tous les Temps (devant
Guillaume d’Orange, père de la patrie)…par l’intermédiaire
des médias….
Je crois qu’une association républicaine
comme le CRK, si elle se doit de remettre en cause sans cesse la
monarchie, doit avec la même énergie œuvrer pour
restaurer la notion d’un intérêt public qui transcende
l’addition des intérêts individualistes et matérialistes.
Et cela à tous les niveaux : belge, européen, mondial.
Wim Magerman
Construction imminente de 5000 nouveaux logements à Bruxelles
!
embargo jusqu'au 1er avril 2006
à 00h.
La Région bruxelloise est sur le point d’atteindre
l’objectif qu’elle s’était fixée
en matière de logement. Elle finalise en effet ces jours-ci
un accord avec le Gouvernement fédéral et le Palais
royal, au terme duquel le domaine de Laeken, d’une superficie
de 160 ha, serait divisé en deux parties égales pour
être ensuite loti. 80 ha resteraient ainsi à la jouissance
des 25 membres de la famille royale, tandis que les 80 autres ha
seraient construits pour accueillir les 5.000 nouveaux logements
promis par le Gouvernement bruxellois.
Le domaine royal étant une propriété
de l’Etat belge, le projet offre un avantage budgétaire
considérable quand on connaît le prix du terrain à
Bruxelles : le terrain resterait en effet propriété
de l’Etat, qui le céderait aux différents promoteurs
par bail emphytéotique de 99 ans.
La société de développement
régional de Bruxelles (SDRB) est chargée d’étudier
le PPAS (plan particulier d’affectation du sol) du domaine
royal et d’introduire la demande de permis de lotissement
et de construction des 5.000 nouveaux logements auprès de
la Ville de Bruxelles. Une aide budgétaire exceptionnelle
est envisageable au titre des fonds structurels européens
(objectif 1).
A la demande du prince Laurent, que l’on
sait très attaché la protection des animaux, les poissons
qui peuplent les étangs situés dans la partie constructible
du domaine seront pris en charge par les Régions et Communautés
– selon une clé de répartition qui reste à
définir – le temps des travaux, pour rejoindre ensuite
leurs royaux étangs.
Quant à la Ville de Bruxelles, elle souhaite
profiter de l’occasion pour lancer un concours international
d’architecture portant sur l’aménagement de ce
nouveau quartier, qui devrait héberger quelque 20.000 habitants
en 2015.
Egaux devant la loi ?
La Dernière Heure du 11 mars dernier relate
l’indignation de Luigi, dont la petite fille fréquente
le même collège Sint-Jan Berchmans que plusieurs enfants
de la famille royale. Luigi s’est en effet vu coller une amende
salée parce qu’il avait stationné en infraction
devant l’école, le temps de récupérer
sa fillette malade. Jusque là, rien d’anormal. Luigi
reconnaît d’ailleurs volontiers l’infraction.
Mais il ne peut manquer de noter que « le prince Philippe,
lui, se gare comme ça tous les matins. Vous pensez qu’on
va lui mettre un P-V ? ».
Qu’il s’agisse de consignes expressément
données aux policiers afin qu’ils ne verbalisent pas
les infractions au code de la route commises par les membres de
la famille royale, ou de l’initiative personnelle de quelques
agents qui, au nom du « respect », s’abstiennent
de faire leur travail, la question reste posée : oui ou non,
les Belges sont-ils égaux devant la loi ?
L’occasion pour le Cercle républicain
de rappeler son attachement à la périodicité
du pouvoir, qui fait en sorte que nul citoyen n’est de naissance
et pour toujours au-dessus des lois.
Une monarchie protocolaire ?
Le Cercle républicain soutient vivement
le projet de monarchie protocolaire qui se fait jour au sein de
certains partis du nord du pays. A l'aube du XXIè siècle,
il est plus que temps que la Belgique se débarrasse de ses
horipeaux d'Ancien Régime. A cet égard, le passage
à une monarchie protocolaire ne peut bien évidemment
s'envisager que comme une transition vers l'abolition pure et simple
de la monarchie, laquelle aura alors fait la preuve qu'elle est
non seulement foncièrement anti-démocratique, mais
encore totalement inutile.
Le Cercle républicain se réjouit également
que l'idée fasse son chemin dans des partis pour lesquels
la fin de la Belgique ne constitue pas un objectif: trop souvent
en effet, le républicanisme est sujet à caution, accusé
de n'être qu'un paravent servant à masquer habilement
des visées séparatistes. Il apparaît aujourd'hui
au grand jour que le simple attachement à la démocratie
peut - doit - faire souhaiter la réduction des pouvoirs royaux
et, à terme, l'abolition de la monarchie.
Une tempête dans un verre d’eau ?
Le dernier discours du roi devant les corps constitués,
ce 31 janvier, suscite force remous. Tout ça, apparemment,
pour un seul mot malheureux : « feutré ». Personne,
en effet, ne songe à reprocher au chef de l’Etat de
stigmatiser le séparatisme « explicite ».
Tout simplement parce que c’est son job, comme à tout
chef d’Etat, élu ou non, que de veiller à l’intégrité
du pays. Qui plus est, en s’attaquant au séparatisme
explicite, le roi vise bien évidemment le Vlaams Belang,
ce dont seul ce dernier s’offusque.
En parlant de séparatisme feutré, en revanche, le
roi a jeté l’opprobre sur une bonne partie du monde
politique démocratique flamand. Ce que ce dernier a d’autant
moins apprécié que le roi n’a pas jugé
utile de prononcer cette partie de son discours dans la langue de
Vondel. Après le récent discours de Noël, prodigieusement
consensuel et vide, voilà que le roi s'essaie à un
genre plus risqué: le discours «politique »,
prenant clairement position contre une mouvance politique dont on
ne peut nier qu’elle est parfaitement démocratique
– quelle que soit le degré de sympathie qu’on
éprouve pour elle.
Ce ne serait pas un problème, et l’on ne voit pas très
bien pourquoi on reprocherait au Président de la République
française, par exemple, de se prononcer contre la création
d’un Etat breton indépendant, si le chef de l’Etat
était, chez nous comme là-bas, élu. Mais s’agissant
d’un chef d’Etat non élu, on ne peut éviter
que se pose la question de la légitimité de sa parole.
Et on ne s’étonnera donc pas que ce discours royal
suscite la réapparition d’un débat sur la fonction
royale, dont on parle depuis longtemps de la restreindre à
une fonction purement protocolaire.
Et nous ne pourrons que nous réjouir si la maladresse d’Albert
II amène les partis politiques à se mettre enfin à
l’ouvrage, plus de quinze ans après la « crise
de l’avortement », pour réduire à
néant les pouvoirs du roi. Il est en effet une évidence
que tant qu’on accordera au roi un quelconque droit d’expression,
il sera porté à en abuser. Qu’il se taise, donc,
ou qu’il cède la place à un chef d’Etat
élu, qui aura, lui, toute la légitimité requise
pour exprimer des opinions politiques.
Et deux de plus, deux ! (19 décembre 2005)
Voilà donc que Aymeric et Nicolas sont nés,
rejoignant ainsi la joyeuse ribambelle de mouflets qui, ces dernières
années, jaillissent des tiroirs princiers comme autant de
diablotins.
Au CRK, nous n'avons rien contre les naissances
multiples, ni contre les familles nombreuses. Il n'empêche
que ça commence tout de même à faire beaucoup,
tous ces lardons, et que le Parlement devrait peut-être voir
à mettre de l'ordre dans les dotations accordées aux
rejetons royaux... Les dotations étant accordées aux
successibles au trône afin de leur éviter tout engagement
professionnel, on peut raisonnablement supposer, en effet, qu'Aymeric
et Nicolas De Saxe-Cobourg pourront sans danger goûter aux
joies du turbin à l'issue de leurs études: comme leur
illustre paternel le faisait lui-même remarquer tout récemment,
il faudrait qu'une véritable catastrophe s'abatte sur le
palais, décimant ses occupants, pour qu'Aymeric ou Nicolas
ait la moindre "chance" de régner un jour.
Vers une commission Lahaut ?
Ce 24 novembre, 3 parlementaires (Muriel Gerkens,
Patrick Moriau, Marie-Claire Lambert) ont déposé à
la Chambre une Proposition visant à créer une commission
d'enquête parlementaire chargée d'établir les
responsabilités et de faire toute la lumière sur l'assassinat
de Julien Lahaut, député et Président du Parti
communiste de Belgique, le 18 août 1950 à Seraing par
des inconnus. De l’aveu même des auteurs, cette proposition
est le résultat de la pétition qui réclamait
l’instauration de cette commission d’enquête,
et que nous sommes nombreux à avoir signée. Le texte
de la proposition est disponible sur le site de la Chambre (Document
parlementaire 51K2104 - 24/11/2005).
Hommage à Julien Lahaut
Le 18 août a eu lieu à l'Espace Marx
un hommage à Julien Lahaut. Séphian Sémyn,
pour les Jeunesses communistes, Pierre Eyben, pour la Fédération
de Liège de Parti Communiste, Alain de Kuysche pour la Direction
du Parti Communiste, Nadia Geerts pour le Cercle Républicain,
José Fontaine, Directeur de la revue Toudi et François
Houtart, ancien résistant, ont évoqué les multiples
facettes du militant Lahaut.
Commémoration de l’assassinat de
Julien Lahaut
Discours prononcé par Nadia Geerts à Bruxelles le
15 août 2005
J’aimerais ce soir rendre hommage plus spécifiquement
au républicain et à l’antifasciste Lahaut. C’est-à-dire
en somme au démocrate. Car il y a dans le combat républicain,
comme dans le combat antifasciste, un indéniable moteur commun,
qui est l’exigence démocratique.
Cette exigence démocratique, Julien Lahaut et son groupe
l’ont rappelée avec une force symbolique puissante,
lors de la prestation de serment de Baudouin Ier. Et je me prends
souvent à me demander quel député, aujourd’hui,
aurait cette audace, qui est également le moins qu’on
puisse demander à un homme ou à une femme politique
: celle de rester fidèle à ses opinions.
Bien sûr, d’aucuns se déclarent « au fond
» républicains. Mais c’est un fond trop souvent
masqué par le pragmatisme ou l’intérêt
bien compris. Faut-il rappeler ici, en effet, que c’est le
roi qui nomme et révoque les ministres ?
L’exigence démocratique devrait pousser tout démocrate
à œuvrer à l’abolition pure et simple d’une
institution archaïque qui, peu ou prou, infantilise citoyens
et classe politique. Infantilisation des citoyens, d’abord,
abreuvés de paillettes, de sourires et de paroles creuses,
qui masquent avantageusement les véritables questions, les
véritables problèmes, que pose inévitablement
l’institution monarchique à quiconque se réclame
des valeurs démocratiques.
Infantilisation des hommes politiques, ensuite, contraints de jouer
le rôle de seconds couteaux, prenant les coups et endossant
les responsabilités, tandis que le chef de l’Etat se
maintient sempiternellement sur son trône, auréolé
d’une fallacieuse neutralité. Au vingt-et-unième
siècle, il est plus que temps que chacun, qu’il soit
simple citoyen ou a fortiori chef d’Etat, assume enfin la
pleine responsabilité de ses actes.
Infantilisation de tous, à qui on fait croire, à qui
on laisse croire, que sans le roi nous ne sommes rien, que sans
le roi nous n’existons pas.
Il est temps que cette farce cesse, pour que le roi des Belges ne
soit pas un jour, comme le chante Claude Semal, « le dernier
roitelet du siècle des républiques ».
L’exigence démocratique, c’est aussi celle qui
nous impose d’exiger que la lumière soit faite, enfin,
sur l’assassinat de Julien Lahaut, il y a 55 ans aujourd’hui.
Pourquoi cette commission d’enquête, revendiquée
pour la première fois en 2001 déjà par une
série de personnalités et de citoyens de tous horizons,
n’a-t-elle pas encore vu le jour, et ce alors même que
des éléments existent pour que cette enquête
puisse être menée à bien ? Même ce courage
politique-là fait-il défaut en Belgique aujourd’hui
? La force d’une démocratie, pourtant, se mesure à
sa capacité à reconnaître ses erreurs.
Qu’il nous qu’il nous soit donc permis de saluer celui
qui a été jusqu’au bout de ses convictions,
qui a refusé les reculades successives de beaucoup de partisans
du « non » au retour de Léopold III, et qui n’a
pu se satisfaire du statu quo institutionnel et du consensus mou
autour de Baudouin.
À cet égard, combien déplorable fut la réaction
presque unanime des Elus de la Nation criant « Vive le roi
» en réaction à la sortie du pitre Van Rossem,
lors de la prestation de serment d’Albert II.
Certains partis, décidément, semblent oublier les
valeurs qui les fondent.
Vive la démocratie !
Vive la République !
La fidélité au roi aux orties !
Le Cercle républicain se félicite
de la récente décision du ministre flamand pour la
simplification administrative Geert Bourgeois (NV.A) de modifier
la formule de prestation de serment des fonctionnaires flamands.
Dorénavant, ceux-ci ne devront plus prêter serment
de « fidélité au roi et obéissance à
la Constitution et aux lois du peuple belge », mais jurer
de « respecter les obligations de leur fonction ».
Bien que le serment de fidélité au
roi ne puisse être considéré, dans un Etat démocratique,
comme une déclaration d’allégeance à
la personne du roi, ni même à l’institution monarchique
(voir à ce sujet l’article « Républicain
et fidèle au roi ? » publié ici
, il est indubitable que la formule fixée par le décret
du 20 juillet 1831 pouvait laisser penser à nos fonctionnaires
que le droit d’avoir et d’exprimer des convictions républicaines
leur était dénié, dès lors qu’ils
avaient prêté serment de fidélité au
roi.
Le Cercle républicain se réjouit
donc du pas symbolique important que vient de franchir le gouvernement
flamand, et espère que les autres gouvernements régionaux,
mais aussi le gouvernement fédéral, adopteront rapidement
une mesure similaire, pour le plus grand bien de la démocratie.
Nadia Geerts
secrétaire générale du Cercle républicain
(CRK asbl)
Lire le communiqué
de presse de Marc Hendrickx, conseiller communal NV.A et membre
du Cercle républicain.
L'affaire Delphine (25 juin 2005)
Jusqu’ici, le Cercle républicain n’avait
vu aucune raison de réagir publiquement aux révélations
concernant la fille adultérine d’Albert II. Il s’agissait
là, en effet, d’une affaire strictement privée,
qu’il appartenait à Albert II de régler, «
en son âme et conscience », selon l’expression
consacrée.
Aujourd’hui cependant, nous apprenons que Delphine n’a
pu honorer l’invitation à deux soirées de gala
organisées par la FEB, invitation qui avait été
faite à l’artiste par une entreprise de fabrication
de boudin dans le cadre des festivités « 175-25 ».
Il semblerait en effet que le Palais ait fait pression pour que
la fille adultérine d’Albert II ne soit pas présente
à ces soirées qui devaient aussi accueillir, l’une,
le roi Albert, l’autre, le prince Philippe.
Le Cercle républicain s’insurge contre
cette ingérence du Palais dans la carrière d’une
artiste belge, mais aussi dans les faits et gestes d’une simple
citoyenne. D’autant que selon Mario Daneels, auteur de la
biographie de Paola qui révéla, en 1999, l’existence
de Delphine, le Palais aurait déjà agi à l’époque
auprès de la RTBF pour que l’auteur ne soit pas invité
sur le plateau.
Rappelons que le Palais royal s’est déjà
vu, ces dernières années, accuser de pressions sur
la justice (affaire des « quatre de Butare ») et sur
l’administration (affaire du couvent d’Opgrimbie). Combien
de temps les représentants de l’establishment prétendront-ils
encore, au mépris de l’évidence, qu’ «
en Belgique, le roi n’a aucun pouvoir » ?
Pendant ce temps, toute à sa politique de
communication, la famille royale « au grand complet »
pose, tout sourire, pour la séance de photos officielles…
Jour de la République - Dag van de Republiek
(1er mai 2005)
A l'occasion du Dag voor de Republiek, Nadia
Geerts, secrétaire générale du Cercle
républicain, fut invitée à présenter
un court exposé en français (le Dag voor de Republiek
se voulant représentatif de toutes les communautés
linguistiques du pays), exposé dont vous trouverez le texte
ci-dessous.
Le républicanisme, aujourd'hui encore, n'a
pas bonne presse en Belgique. Alors que dans les républiques
voisines, le républicanisme est perçu comme une valeur
en soi, synonyme de démocratie, lorsqu'on se déclare
républicain en Belgique, on est d'emblée suspect :
révolutionnaire, anarchiste, hostile à la Belgique,
faisant le jeu de l'extrême droite, et j'en passe.
Pourtant, une société de débat
telle que la nôtre s'accommode difficilement d'une institution
fondée sur le colloque singulier et le secret. Aussi, ces
dernières années, la monarchie a-t-elle compris qu'il
ne lui suffisait plus d'être, mais qu'elle devait, à
défaut de convaincre, du moins séduire. Et c'est ce
qu'elle s'emploie à faire, bien aidée en cela par
des médias qui relèguent trop souvent leur esprit
critique aux oubliettes lorsqu'il s'agit de relayer les informations
venues du Palais.
Aussi, notre raison d'être, à nous
républicains, est-elle de rappeler inlassablement que nous
ne sommes pas dupes. Que toute l'apparente modernité de la
famille royale, toute l'affabilité d'Albert II ne nous feront
jamais oublier que la monarchie est par essence antidémocratique,
donc illégitime, parce que contraire à la Déclaration
des Droits de l'Homme, laquelle proclame que « tous les
êtres humains naissent libres et égaux en dignité
et en droits » (art. 1), que « toute personne
a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques
de son pays, soit directement, soit par l'intermédiaire de
représentants librement choisis » et que « toute
personne a droit d'accéder, dans des conditions d'égalité,
aux fonctions publiques de son pays » et déclare
que la volonté populaire, fondement de l'autorité
des pouvoirs publics, doit s'exprimer via des élections honnêtes
ayant lieu périodiquement (art 21), ce qui répond
magistralement à l'objection selon laquelle la monarchie
serait démocratique dès lors qu'elle aurait été
choisie en 1830, époque où seul un petit pourcent
de la population avait le droit de vote, faut-il le rappeler.
Ne nous laissons donc pas entraîner dans
de faux débats, sur les coûts comparés de la
république et de la monarchie, sur le fait que le Vlaams
Belang aussi serait républicain - ce qui est d'ailleurs faux
- , sur le fait qu'Albert II est si gentil ou que Baudouin fut tant
pleuré. L'essentiel est ailleurs. L'essentiel est qu'un jour
enfin, des citoyens prennent leur destin en main et décident
d'abolir une institution archaïque et dépourvue de toute
légitimité démocratique.
Il y faudra du temps. A la création du
Cercle républicain, voici 5 ans, nous étions conscients
que nous ne verrions probablement jamais cette république.
Mais qu'importe ? Ce n'est pas parce que le chemin est long
et semé d'embûches qu'il est inutile. Et cette journée
constitue l'une des étapes de ce long chemin.
Vive la République !
Nadia Geerts
Secrétaire générale du Cercle républicain
Albert II, le racisme et les écoliers (20
avril 2005)
Notre bon Albert II s'est donc fendu d'une visite
privée à la firme Remmery, à Ledegem, afin
de soutenir Rik Vannieuwenhuyse, l'employeur sur qui pèsent
des menaces de mort au motif qu'il emploie une musulmane portant
foulard. Jusque là, rien à dire. Où les choses
se corsent, c'est lorsqu'on apprend que quelque trois cent enfants
(300 !) d'une école maternelle locale ont débarqué.
Une école maternelle, c'est-à-dire des enfants âgés
de 2 ans ½ à 6 ans. Tant qu'à exploiter le
sujet avec de si jeunes élèves, on aurait préféré
qu'on les sensibilise à la tolérance, à la
non-violence et à la solidarité avec leur camarade
Ayup, fils de Naïma, plutôt que de les envoyer agiter
des petits drapeaux belges sur le passage du roi. Même si,
sans cela, le public se réduirait comme peau de chagrin,
comme ce fut encore le cas à Ledegem où on ne comptait
qu'une petite dizaine de spectateurs adultes.
L'occasion de rappeler que le Cercle républicain
met à disposition une lettre de protestation à adresser
aux échevins de l'instruction publique et bourgmestres qui
organisent ainsi l'inoculation du virus monarchiste de nos chères
petites têtes.
Nadia Geerts
Secrétaire générale du Cercle républicain
Ostende, fief républicain? (20 avril 2005)
On se souvient que la Donation royale avait chassé
l'an dernier un restaurateur de la Villa royale d'Ostende qui exploitait
cette dernière depuis vingt ans, au motif qu'il s'agissait
d'une activité commerciale. Depuis un an donc, la Villa est
à l'abandon, et se dégrade, à tel point qu'elle
est aujourd'hui répertoriée dans l'inventaire des
maisons à l'abandon, détériorées ou
déclarées inhabitables de la ville, et que son propriétaire
va donc se voir réclamer le payement d'une taxe de 25.000
€ - et non 2.500 €, comme communiqué initialement
par le Soir du 18 avril. C'est en effet en tant que bâtiment
d'entreprise cumulant deux infractions, et non en tant que maison,
que la Villa sera taxée, et ce à moins qu'elle trouve
un nouveau locataire d'ici fin 2006.
Si l'on ajoute à cela qu'une bande de joyeux
drilles ostendais a entrepris de mutiler les statues de rois ornant
la ville, coupant ainsi une main à Léopold II sans
que les autorités ostendaises s'en émeuvent, il y
a de quoi s'interroger et conclure, comme le faisait déjà
Eddy Surmont dans le Soir du 18 avril, que sans doute « la
reine des places ne comptera plus jamais une tête couronnée
parmi ses citoyens& ».
Nadia Geerts
Secrétaire générale du Cercle républicain
Le prince Philippe signe le manifeste républicain
(1er avril 2005)
Lors d'une rencontre amicale entre le prince Philippe
et les représentants du Cercle républicain (CRK asbl),
Madame Nadia Geerts, secrétaire
générale du CRK, a présenté au prince
les différentes réalisations du Cercle. Parmi celles-ci
figurait le manifeste "Appel à une citoyenneté
responsable - pourquoi nous sommes républicains".
Le prince Philippe, connu pour son engagement en
faveur de la vie associative et de la citoyenneté, tint
beaucoup à apposer sa signature au bas du document, rejoignant
ainsi les quelque 500 citoyens qui l'ont précédé
dans cette démarche. Rappelons que le manifeste du CRK réclame
l'abolition de la monarchie.
Le prince Philippe voulut également signer la pétition
que le Cercle républicain a introduite auprès du Parlement
européen le 1er mai 2004, mais les responsables du CRK lui
rappelèrent que cette pétition, qui réclame
l'abolition de la monarchie sur tout le territoire de l'Union européenne,
était déposée par des associations, et non
par des particuliers. Le prince insista qu'il pouvait agir au nom
de l'association sans but lucratif que représente la famille
royale, mais l'assemblée républicaine, soucieuse de
légalité, se montra inflexible.
La réunion se termina par un verre de l'amitié
et un toast porté à la république.
Le prince Philippe remet ça
La nouvelle bourde du prince Philippe agite le
landerneau politique belge. Pour sa part, le Cercle républicain
s'étonne qu' bientôt 45 ans, le successeur au trône
de Belgique ne soit toujours pas à même d'évaluer
l'importance symbolique d'une signature - princière ! - apposée
au bas d'un document. Pas n'importe quel document, puisque le document
en question émane d'un groupe de défense d'intérêts
particuliers, ceux des entrepreneurs en l'occurrence.
Même s'il n'est pas strictement tenu au devoir de réserve
imposé au roi, le bon sens voudrait qu'un futur roi tende
vers la plus stricte neutralité et s'interdise donc toute
prise de position pouvant trahir une sensibilité particulière.
Philippe est manifestement loin du compte.
L'incident nous force aussi à nous interroger sur le fait
que le monde politique belge ne dispose d'aucun moyen constitutionnel
d'empêcher l'accès au trône d'un successible,
quand bien même il serait manifestement inapte à remplir
correctement son rôle de chef de l'Etat. Pour peu que le prince
n'épouse pas sans le consentement du gouvernement, le trône
lui tend les bras, en vertu du seul sang. Et il y restera jusqu'
sa mort, à nouveau quoi qu'il fasse ou à peu près.
Quelle est la légitimité démocratique d'une
institution qu'aucun mécanisme démocratique ne permet
de sanctionner, et qui contraint donc ses " sujets " à
l'insurrection ou à la résignation ? Poser la question,
c'est y répondre.
Nadia Geerts
Secrétaire générale du Cercle républicain
Monarchie et démocratie
Une interview de Nadia Geerts, secrétaire
générale du Cercle Républicain, par Jerôme
Jamin, parue dans le n°30 de la revue "Aide-mémoire"
des Territoires de la Mémoire (octobre-décembre 2004).
De prime abord, personne ne semble contester
en Belgique les vertus d'un roi qui rassemble le peuple et assure
sa cohésion. C'est même vraisemblablement l'argument
essentiel de ceux qui défendent la monarchie et ses traits
les plus caricaturaux, et aussi en toute logique l'argument qui
résiste le mieux aux tirs ennemis des républicains,
des séparatistes ou de l'extrême droite flamande. Là
ou règnent les conflits entre groupes linguistiques, les
différences de classes et les oppositions d'intérêts,
le roi « incarnerait l'unité du peuple », sa
solidarité et son harmonie& Mensonge ou réalité
? Nécessité ou imposture ?
Jérôme Jamin : Nadia Geerts, dans
quelle mesure considérez-vous que la monarchie représente
un frein voire une injure à la démocratie ?
Nadia Geerts : La monarchie est un système
non seulement archaïque, hérité de l'Ancien Régime,
mais aussi fondamentalement antidémocratique. Il est contraire
à plusieurs articles de la Déclaration Universelle
des Droits de l'Homme : l'article premier qui dit que «tous
les être humains naissent libres et égaux en dignité
et en droits»; l'article 7 qui dit que «tous sont égaux
devant la loi», et l'article 21 qui affirme le droit de chacun
à prendre part à la direction des affaires publiques
de son pays, soit directement, soit par l'intermédiaire de
représentants librement choisis. Le même article stipule
que toute personne doit avoir accès aux fonctions publiques
de son pays et précise que l'autorité des pouvoirs
publics se fonde sur la volonté populaire, laquelle doit
s'exprimer par des élections régulières au
suffrage universel. La Charte des droits fondamentaux de l'Union
européenne interdit quant à elle toute discrimination
fondée notamment sur la naissance. De plus, il y a quelque
chose de profondément gênant, sur le plan des principes,
à ce qu'un chef d'Etat ne soit pas élu et à
ce qu'il ne puisse être sanctionné, par le biais d'
élections, par exemple. Une fois qu'il est sur le trône,
et à moins d'une révolution ou d'une grosse crise
de régime, le roi est le chef de l'Etat jusqu'à sa
mort, quel que soit le degré de satisfaction du peuple, qui
est pourtant «souverain» selon la constitution... Evidemment,
ça ne veut pas dire que la Belgique ne soit pas, globalement,
une démocratie. Mais cela veut dire que subsiste en son sein
une institution antidémocratique. On se grandirait en se
débarrassant de ce reliquat d'Ancien Régime. Un peu
comme un enfant parvenu à maturité se libère
de l'autorité paternelle. La monarchie infantilise le citoyen.
Elle lui donne l'impression qu'au-dessus des hommes politiques,
au-dessus des représentants élus, doit nécessairement
subsister une figure supérieure, non élue et inamovible.
Elle infantilise les hommes politiques aussi, qui sont toujours
impressionnés lorsqu'ils sont reçus en audience au
palais. Un roi, ça ne se critique pas comme on critiquerait
le commun des mortels ! Or, dans une véritable démocratie,
le débat doit pouvoir avoir lieu entre pairs.
Jérôme Jamin : Vous évoquez
la démocratie à partir de ses valeurs et de ses principes
fondamentaux qui sont en totale contradiction avec le régime
monarchique. Peut-on en dire autant au niveau des pratiques concrètes
et quotidiennes du roi dans l'exercice de son pouvoir ? Et surtout
de quel pouvoir en définitive ?
Nadia Geerts : Il est très difficile de
parler du pouvoir du roi tel qu'il s'exerce en réalité
: du côté des monarchistes, on affirme tour à
tour qu'il n'a pas de pouvoir et qu'il est indispensable, et du
côté républicain, on défend l'idée
qu'il détient un pouvoir considérable, mais occulte,
qui se traduit essentiellement par l'influence qu'il peut exercer
sur la décision politique. Le hic est que finalement, personne
ne sait grand chose de ce pouvoir, puisque le roi est couvert par
le secret et que nul ne peut divulguer le contenu d'un colloque
singulier avec lui. On en est donc réduit, dans une certaine
mesure, à spéculer. Néanmoins, deux choses
sont sûres : d'abord, certains témoignages permettent
d'affirmer que Baudouin a exercé une influence considérable,
notamment sur la politique étrangère et les questions
éthiques. Roger Lallemand en témoigne très
clairement, avec beaucoup de respect d'ailleurs, dans son livre
«Le songe du Politique» où il retrace l'histoire
du projet de dépénalisation de l'avortement et les
avatars qu'il a subis, en partie du fait du catholicisme exacerbé
de Baudouin. J'ai personnellement consacré un livre (Baudouin
sans auréole, éditions Labor/Espace de Libertés,
2003) à ces dérives du règne de Baudouin. Ensuite,
il y a la logique : comment imaginer qu'un homme qui est le chef
de l'Etat, qui a le pouvoir de nommer et de révoquer les
ministres, qui fréquente tout ce que la Belgique comporte
de personnages influents dans les secteurs politique ou économique,
et qui de surcroît reste sur son trône tandis que les
gouvernements se font et se défont, n'aurait pas un considérable
pouvoir d'influence ? Comment concevoir que sa parole pourrait ne
pas peser d'un poids tout particulier ? Et comment imaginer que
sachant cela, il choisisse de se taire? Le problème est que
lorsque le roi pèse de tout son poids dans la balance pour
lutter contre le racisme ou l'éclatement du pays, on l'écrit,
on en parle dans la presse, parce que c'est relativement consensuel.
Ce sont des opinions qui ne mangent pas de pain, en quelque sorte.
Mais lorsque le palais fait pression sur l'instruction du procès
des 4 de Butare (ces Rwandais accusés de complicité
de génocide), on n'en parle pas beaucoup dans la presse.
Pourtant, c'est autrement éclairant sur ce qu'est, aujourd'hui,
l'action du roi en Belgique ! Tant qu'il n'y aura pas de véritable
transparence dans le processus de décision politique, tant
que, par exemple, le roi sera couvert par la responsabilité
ministérielle pour le moindre de ses faits et gestes, on
ne pourra pas déterminer ce qu'est exactement le pouvoir
du roi. Mais croire qu'il est inexistant ou négligeable serait,
à mon avis, de la naïveté. Même si évidemment,
le palais fait beaucoup, ces dernières années, pour
se profiler comme une institution moderne, pourvoyeuse de rêve
et détentrice d'une fonction exclusivement protocolaire.
N'oublions tout de même pas que la monarchie belge est, de
toutes les monarchies de l'Union européenne, celle qui a
gardé le plus de pouvoirs constitutionnels, et que le roi
des Belges a plus de pouvoir que le président de la république
fédérale allemande !
Jérôme Jamin : Vous évoquez
les positions consensuelles de la Monarchie. A ce sujet, quels sont
les liens entre celle-ci et les milieux les plus conservateurs de
notre pays, notamment l'Eglise ?
Nadia Geerts : Il y a entre eux des liens historiques
évidents, tout comme existe une tradition historique d'alliance
du trône et de l'autel. Ces liens se sont encore renforcés
avec Baudouin, dont nul n'ignore le fervent catholicisme, qui l'a
d'ailleurs parfois amené à faire passer sa foi au-dessus
de sa fonction. On connaît par ailleurs l'appartenance de
la plupart des membres de la famille royale au Renouveau Charismatique.
Par contre, bien qu'on ait entendu beaucoup de rumeurs à
ce sujet, aucun observateur n'a jamais pu établir l'existence
de liens privilégiés entre l'Opus Dei et le palais.
Quoi qu'il en soit, les prises de positions de Baudouin en matière
éthique étaient directement inspirées par celles
du Vatican. Aujourd'hui, le palais royal se donne beaucoup de mal
pour paraître plus pluraliste : Mathilde accouche dans un
hôpital du réseau non confessionnel, Albert reçoit
au palais des enfants ayant participé à la fête
laïque, le Te Deum du 15 novembre est devenu - enfin ! - une
cérémonie privée, etc. Ces ravalements de façade
n'empêchent pas que la famille royale incarne toujours une
vision extrêmement traditionnelle et conservatrice de la société.
Ce qu'on dépeint parfois comme extraordinairement moderne
dans l'évolution du palais ces dernières années
- le fait que Mathilde et Claire aient fait des études et
exercé une profession, par exemple -, ce sont des choses
qui se sont généralisées dans la société
«civile» depuis trente ans au moins ! De manière
plus générale, la monarchie est, pour des raisons
évidentes, l'alliée naturelle de l'ordre établi
et des institutions. Elle n'a aucun intérêt à
les voir remises en question, car ce serait scier la branche sur
laquelle elle est assise. C'est pour cette raison, notamment, que
l'idée d'un roi «au-dessus de la mêlée»
tient du mythe.
Jérôme Jamin : Vous militez pour l'abolition
de la monarchie. Comment voyez-vous le processus en termes d'étapes
et d'agenda ? Etant entendu que cela ne se fera pas en une semaine
!
Nadia Geerts : Les choses se feront plus que probablement
de manière croissante, par le vidage progressif de la coquille
qu'est la monarchie. C'est donc par le biais de réformes
constitutionnelles, et donc de débats parlementaires, que
la monarchie perdra progressivement de son pouvoir. C'est là
que nous, citoyens, avons un rôle à jouer. Pour que
nos représentants élus aient à coeur de défendre
des réformes de ce type, il faut que nous leur envoyions
un signal clair, qu'ils sachent que la monarchie n'est plus une
institution sacro-sainte et intouchable, mais qu'au contraire beaucoup
de leurs concitoyens contestent sa légitimité et sont
partisans d'une république. Les sondages créditent
généralement les républicains de 15% des suffrages...
Ca fait tout de même plus que le score du CDh ou d'Ecolo,
et nous n'avons pour cela aucun moyen de propagande, ce qui n'est
pas le cas de la monarchie ! Et parmi les hommes politiques, il
y a des républicains. Mais souvent, ils n'osent pas l'avouer,
par peur de perdre une part de leur popularité ou de compromettre
leur avenir politique. Je pense qu'une fois que la monarchie n'aura
plus aucun pouvoir, se posera naturellement la question de son utilité.
«A quoi sert un roi qui ne sert à rien ?», en
quelque sorte... La société serait alors prête
à envisager l'abolition pure et simple de la monarchie. Mais
il est évident que cela prendra du temps.
Jérôme Jamin : Après les derniers
résultats électoraux de juin, ne pensez-vous pas dans
l'état actuel des choses que l'institution monarchique constitue
un moindre mal voire une nécessité pour la survie
de la Belgique et l'avenir de notre pays ?
Nadia Geerts : Les derniers résultats électoraux
sont alarmants, essentiellement en ce qui concerne le succès
des partis d'extrême droite. Il est évident qu'au regard
de cette menace pour la démocratie, la monarchie passe, y
compris à mes yeux, au second plan. Mais la politique et
l'action citoyenne ont toujours été faites de deux
volets : un volet «de fond» et un autre, de terrain.
Pourquoi devrait-il en être autrement aujourd'hui ? Peut-être
est-ce d'ailleurs un élément d'explication de la désaffection
des électeurs envers les partis traditionnels : y parle-t-on
encore réellement de valeurs, d'idées ? Trop souvent,
il me semble que la stratégie l'emporte. Or, la république,
c'est un ensemble de valeurs.
D'autre part, la survie de la Belgique ne me paraît pas être
une valeur en soi. Ce qui vaut en la matière, c'est ce qui
correspond aux aspirations de la majorité de nos concitoyens.
La Belgique n'a pas, en soi, plus de légitimité qu'une
éventuelle république wallonne ou flamande, par exemple.
Et le nationalisme belge n'est pas préférable à
mon sens au nationalisme wallon ou flamand ! Tout autre chose est
de défendre la démocratie, car celle-là est
objectivement et moralement préférable à la
dictature. De même pour la république, qui repose sur
des fondements, des valeurs plus démocratiques, donc plus
légitimes, que la monarchie.
Pour résumer, je dirais que ce qui m'importe,
c'est la survie d'un Etat démocratique et le perfectionnement
de cette démocratie. La scission de la Belgique - que personnellement
je ne souhaite pas, mais c'est un autre problème - ne me
paraît pas être nécessairement un obstacle à
ces exigences démocratiques. La monarchie, elle, l'est très
certainement.
Source: www.territoires-memoire.be
Cycle de conférences
La Commune de Tintigny organise, dans le cadre
du 175ième anniversaire de la Belgique et du 25ième
anniversaire du fédéralisme, un programme de conférences
mensuelles portant sur l'histoire de la Belgique. Dix conférenciers
s'y succèderont, parmi lesquels Nadia Geerts, secrétaire
générale du Cercle républicain. Voici la liste
exhaustive des conférences (portant chaque fois le titre
du livre dont parlera leur auteur) :
15 janvier J-C Van Cauwenberghe, « Choisir
la Wallonie »
12 février G. Fonteyn, « Mouvement
Flamand et Action Wallonne »
12 mars M. Dumoulin, « Léopold III,
les enjeux d'une controverse »
16 avril O. Defrance, « Léopold Ier
et le Clan Cobourg »
14 mai L. Catherine, « Léopold II,
la folie des grandeurs »
11 juin J. Noterman, « Le roi tué,
la première enquête approfondie sur la mort d'Albert
Ier »
10 septembre P. Stephany, « Les dessous de
la Régence 1944-1950 »
8 octobre E. Raskin, « La Princesse Lilian,
la femme qui fit tomber Léopold III »
12 novembre N. Geerts, « Baudouin sans auréole
»
10 décembre C. Laporte, « Albert II,
premier roi fédéral »
Lieu : salle de musique de Bellefontaine, rue JC
de Hugo.
Heure : 15h
Prix : 5 €
Infos : Danier Olivier, 23 rue du Centenaire à
6730 Ansart - 063/446.192
Lettre ouverte aux rédacteurs en chef (7
mai 2004)
Madame, Monsieur,
Le 1er mai dernier, une plateforme républicaine
constituée de 13 associations démocratiques issues
des 7 monarchies d’Europe adressait au Parlement européen
une pétition réclamant l’abolition de la monarchie.
Un communiqué de presse vous a dûment averti de cette
initiative, et ce dès le vendredi 30 avril.
Pourtant, sauf erreur de notre part, AUCUNE de vos éditions,
dans AUCUN média belge, n’a jugé utile d’informer
ses lecteurs, ne serait-ce que par une brève, du dépôt
de cette pétition. A contrario, la presse étrangère,
tant française qu’allemande, a quant à elle
relayé l’information.
Le lundi 3 mai, cependant, l’ensemble de
la presse belge rendait un vibrant hommage à la liberté
de la presse. Parmi les informations essentielles ce jour-là
: l’interview de la princesse Astrid et les remerciements
émus adressés au prince Philippe par une jeune Africaine
atteinte du SIDA …
Le Cercle républicain s’interroge
sur les critères qui ont présidé à la
décision unanime de toutes vos rédactions de ne pas
dire un mot d’une pétition d’envergure, réclamant
rien moins que l’abolition de la monarchie dans tous les pays
de l’Union européenne. Nous avons peine à croire
que chacun de vous ait conclu, indépendamment de toute concertation
et de toute influence, à l’absence totale d’intérêt
de cette information pour vos lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs.
Il nous est difficile de croire, après cela,
à une totale liberté de la presse en Belgique, sans
nulle (auto-)censure qui vienne la brider dès lors que l’on
a l’outrecuidance de s’en prendre à la monarchie.
Soutiendrez-vous en effet qu’il est plus important pour vos
lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs de savoir qu’Astrid
se sent plus femme que princesse ou que Philippe paye de ses –
pardon : de nos – deniers le traitement d’une victime
du Sida, que de savoir que le Parlement européen a été
saisi d’une requête visant à abolir la monarchie
au nom de la déclaration universelle des droits de l’homme
?
La docilité avec laquelle vous relayez le
moindre communiqué du Palais, ainsi que votre mutisme actuel
sur la contestation républicaine – démocratique
: c’est une tautologie, mais en avez-vous conscience ? –
ne plaident pas en la faveur d’une presse belge indépendante
et émancipatrice.
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