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Revue de presse
Cette rubrique, constituée d'extraits
de nos bulletins d'information (La
République), se veut satirique. Il arrive donc qu'on
y déroge à la règle que le Cercle républicain
s'est fixée, et qui est de ne pas recourir à l'attaque
personnelle et de s'en tenir aux principes. Ici, et ici seulement,
l'argumentation rigoureuse, fondée sur les valeurs humanistes,
cède la place à l'irrévérence. Alors,
chers visiteurs, lisez, souriez, riez ou offusquez-vous, mais n'oubliez
pas ensuite de retourner aux pages "sérieuses"
de notre site, c'est-à-dire...toutes les autres!
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Une femme engagée
"Une femme engagée", c'est le titre d'un article
paru dans le Télé-Moustique de cette semaine et
consacré à un portrait de la princesse Mathilde
réalisé par C'est du belge...
En effet, Mathilde, apprend-on, bat tous les records d'activités
de la famille royale - à l'exception d'Albert II - avec
le nombre astronomique de 61 activité officielles en
2006. Pfiou ! Ca décoiffe, ça, 61 activités
sur un an: total respect ! Ca fait tout de même une activité
tous les 6 jours... Et l'article nous apprend pourquoi Mathilde
se donne tant de mal, au risque de s'épuiser : c'est
qu' "elle est une mère, mais aussi une femme".
Ce qui explique que malgré sa famille nombreuse, elle
se donne sans compter, par le biais du fonds Princesse Mathilde.
Un fonds, qui, nous apprend l'article, a pu être créé
en 2001 grâce à la générosité
de la population belge, laquelle a fait multe dons aux oeuvres
sociales de Mathilde à l'occasion de son mariage.
C'est cool, ça : on épouse un prince, on reçoit
plein de sous d'un bon peuple enthousiaste et ému aux
larmes, avec les sous on crée une fondation, tous les
six jours on va dire bonjour à une bonne oeuvre, et le
reste du temps on élève ses enfants tout en expliquant
à quel point on se sent vachement concernée par
les problèmes de société et tout ça.
Mais bon, tout n'est pas rose tous les jours, faudrait pas croire.
C'est que toute cette belle famille engagée doit vivre
avec la misérable dotation de Monsieur: 924.000 euros
par an (chiffres de 2007). Avouez, quelle femme engagée
et mère de famille nombreuse peut se targuer de 61 activités
sur une année pour une si maigre rétribution ?
Hein ?
Non vraiment, je vous dis: total respect.
Article publié initialement sur le
blog de Nadia Geerts
- Ils ont osé le dire
WALTER PAULI, éditorialiste du Morgen, explique
dans une récente chronique pourquoi il est toujours royaliste,
bien qu’il soit républicain par principe. La réponse
tient en deux mots, je vous les donne en mille : la Belgique.
Et Pauli ne se contente pas de stigmatiser la hargne anti-belge
de la Flandre : il prend la défense de la famille royale
: affirmant notamment que « les membres de la famille royale
ne sont pas stupides, ni mauvais, ni antidémocrates. Ils
sont seulement belges. donc, on veut s’en débarrasser
», ce qui déplace le problème d’une
argumentation républicaine de principe vers une attaque
ad hominem bête et méchante. Ou encore que «
Baudouin n’était pas seulement un ultraconservateur.
Il a aussi appuyé la lutte contre le racisme ». Merci
Walter : avec de pareils amis – dans les rangs des républicains
de principe –, on n’a plus besoin d’ennemis…
- WILFRIED MARTENS, auteur récemment de ses « Mémoires
», y établit certaines « vérités
» au sujet du roi Baudouin, notamment en ce qui concerne
l’avortement ou le Rwanda. Et revient, dans une interview
à Francis Van de Woestyne (La Libre Belgique), sur son
idée de ratification des lois votées par le Parlement
soit par le roi, soit par le président de la Chambre. C’est
vrai que ça ferait vachement avancer la démocratie,
qu’on puisse se dire de telle loi qu’elle n’a
pas eu l’heur de plaire au chef de l’Etat, et que
c’est donc un second couteau qui l’a promulguée…PIERRE
KROLL, dans ses Petits Textes 2003, raillait les Ecolos pour leurs
revendications républicaines de l’époque :
« Une République ?! L’idée de Josy Dubié
: un président et un vice-président, qui se présentent
en ticket et sont de la même couleur politique mais l’un
flamand, l’autre wallon.
T’as pensé à ce que ça donne pour du
vrai, ça, Josy ? A tous les coups : Jean-Marie Pfaff et
Marc Wilmots. Bon d’accord, je sais : les Américains
ils ont bien Georges Bush, mais le jour où ils voteront
pour un pot de ketchup, on ne va quand même pas se sentir
obligé d’élire un tube de mayonnaise. »
T’as raison, Kroll, continuons à nous farcir des
tubes de mayonnaise ou de ketchup même pas élus,
c’est bien plus sûr : la loi du sang, y a que ça
de vrai !
Allez, il a bien mérité son titre de chevalier de
l’ordre de la Couronne…La question royale vue par
STEPHANE BERN : « En juin 1944, au moment du débarquement
des alliés, Léopold III, la princesse Liliane, qu'il
avait épousée en 1941 et les enfants royaux furent
déportés à Hirschstein, en Allemagne, puis
à Strobl en Autriche, où l'armée américaine
vint les libérer le 7 mai 1945. En raison de la situation
politique en Belgique, le roi Léopold et sa famille quittèrent
l'Autriche en octobre de la même année pour s'installer
en Suisse, dans la villa "Le Reposoir", à Pregny.
Ils y séjournèrent jusqu'en juillet 1950. En 1948,
il fit un voyage aux Etats-Unis, qui lui permit de visiter, notamment,
New-York, Pittsburgh et Princeton. Le roi Léopold III accompagné
du prince Baudouin et du prince Albert, rentra le 22 juillet 1950
en Belgique.
Le 1er août de la même année, le souverain
décida de demander au Gouvernement et au Parlement de faire
voter une loi assurant la délégation de ses pouvoirs
à son fils, le prince Baudouin, duc de Brabant, qui, le
11 août 1950 prit le titre de prince Royal. Le 17 juillet
1951, il prête le serment constitutionnel de Souverain devant
les représentants de la Nation. Baudouin Ier est le cinquième
roi d'une dynastie.“
Source: http://www.gotha-fr.com/fr/bio/description.asp?idp=12
AMELIE NOTHOMB, interrogée en 2001 sur ce qu’elle
pensait du prince Philippe, faisait preuve d’une rare intelligence
politique : « ... Je me tairai pudiquement... Disons que
c'est quelqu'un d'assez ordinaire. Mathilde est exceptionnelle
et lui est normal. » Et de poursuivre : « Le Roi Albert
II a quelque chose de formidable, c'est que c'est vraiment le
Belge type. Je trouve ça génial qu'un Roi soit à
ce point à l'image de ses sujets. Il n'a pas l'air d'un
Roi, il a l'air d'un brave type à qui on donnerait une
claque dans le dos et qu'on inviterait à manger des frites
place Flagey. ». On préfère qu’elle
écrive des livres, ou même qu’elle cause chapeaux
et fruits pourris…
- Mathilde et la microfinance :
Le 2 février prochain, la princesse Mathilde présidera,
au collège d’Europe (Bruges) une table ronde sur
la microfinance. Nul doute qu’elle a beaucoup à apprendre…
- Les betteraves de la reine d'Angleterre
:
38.793 € : c’est la somme que la Belgique a versée
en 2005 à la crème de l’aristocratie britannique
: la reine d’Angleterre, le prince Charles, le duc de Westminster,
le duc de Malborough, le duc de Bedford et le comte de Plymouth
se partagent ce beau gâteau. Merci qui ? La Politique agricole
commune ! Ces aristocrates sont en effet à la tête
d’exploitations considérables, tant du point de vue
de leur superficie et de leur production que du nombre de têtes
de bétail. Ce qui suffit à ce qu’ils se voient
attribuer une aide de la part de chaque pays de l’Union
européenne. On imagine que les républiques allemande
et française doivent grincer des dents, contraintes de
verser respectivement à Her Majesty et aux siens 300.000
et 222.000 €… Quant à la Belgique, elle avait
réclamé en vain, lors de la réforme de la
PAC, un plafonnement des aides par exploitation.
(source : Le Soir, 4 janvier 2006)
- Royales audaces :
Du discours royal de cette fin d’année 2005, on retiendra
que le roi a l’impression que les Belges s’entendent
bien quand même, et qu’il s’en réjouit.
Qui l’eût cru ?
- Fabiola et le fisc :
Comme tous les nantis, Fabiola applique à la lettre l’adage
« un sou, c’est un sou ». Aussi a-t-elle réclamé
au fisc le remboursement d’une somme de 400 € indûment
perçue : une taxe sur l’achat de sicav d’actions
qui a été jugée illégale par la Cour
européenne de justice en 2004. Rappelons que Fabiola perçoit
une dotation annuelle d’un million d’euros, ce qui
lui permet visiblement de payer des experts comptables.
Et pour déposer plainte contre un titre de reine indûment
perçu, c’est quel guichet ?
(source : la DH, 5 décembre 2005)
- Le prince Laurent et les faux bourdons:
c'est du pareil au même ! C’est le Nord-Eclair
du 1er juillet 2005 qui nous l’apprend : le prince Laurent
trouve que les mâles « servent juste à faire
des bébés ». En tout cas, c’est ce qu’il
a dit aux bienheureux enfants d’une école de Kain
qui avaient gagné le concours Natura 2000, dont le prix
ô combien prestigieux était… une activité
avec le prince Laurent ! Les écoliers ont donc présenté
au prince un exposé sur la ruche, au cours duquel ils lui
ont expliqué que les faux bourdons ne faisaient rien, si
ce n’est faire des bébés. Ce qui a inspiré
à Laurent un parallèle audacieux avec « la
vie de tous les jours » – on suppose qu’il parlait
des êtres humains, puisque après tout les abeilles
font partie également de « la vie de tous les jours
». Et on suppose aussi que son brillant commentaire était
directement inspiré de ses activités de prince…
Dans le même journal, on apprend que les pauvres élèves
de Kain qui auraient voulu voir le prince leur dédicacer
l’une de ses photos en ont été pour leurs
frais, Laurent ayant dû refuser au motif qu’il ne
pouvait pas signer. C’est vrai que quand on voit ce qu’il
arrive à son frangin de signer, on comprend que le palais
ait frappé les rejetons royaux d’une interdiction
de signature… (N.G.)
- Constitution européenne : le
saviez-vous ? Alors que les Constitutions française
ou américaine sont solennellement présentées
comme l’expression de la volonté populaire («
Nous, peuple… »), le texte de la Constitution européenne
commence par ces mots : “Sa Majesté le roi des Belges…”,
suivis d’une énumération de chefs d’Etat,
parmi lesquels, rappelons-le, certains ne sont même pas
des représentants du peuple démocratiquement élus
…
- Albert II, le racisme et les écoliers.
Notre bon Albert II s’est donc fendu d’une visite
privée à la firme Remmery, à Ledegem, afin
de soutenir Rik Vannieuwenhuyse, l’employeur sur qui pèsent
des menaces de mort au motif qu’il emploie une musulmane
portant foulard. Jusque là, rien à dire. Où
les choses se corsent, c’est lorsqu’on apprend que
quelque trois cent enfants (300 !) d’une école maternelle
locale ont débarqué. Une école maternelle,
c’est-à-dire des enfants âgés de 2 ans
½ à 6 ans. Tant qu’à exploiter le sujet
avec de si jeunes élèves, on aurait préféré
qu’on les sensibilise à la tolérance, à
la non-violence et à la solidarité avec leur camarade
Ayup, fils de Naïma, plutôt que de les envoyer agiter
des petits drapeaux belges sur le passage du roi. Même si,
sans cela, le public se réduirait comme peau de chagrin,
comme ce fut encore le cas à Ledegem où on ne comptait
qu’une petite dizaine de spectateurs adultes.
L’occasion de rappeler que le Cercle républicain
met à disposition une lettre de protestation à adresser
aux échevins de l’instruction publique et bourgmestres
qui organisent ainsi l’inoculation du virus monarchiste
de nos chères petites têtes.
- « La monarchie ? La plus pitoyable
de nos institutions »
Cette fois, ce n’est pas moi qui le dis, mais une journaliste
du Guardian, Polly Toynbee, qui titre ainsi un article consacré
au mariage de Charles et Camilla Parker Bowles et publié
en français dans le Courrier International n°746 du
17 février 2005.
Entre autres choses, cet article relève que selon un récent
sondage, seuls 55% des personnes interrogées préféraient
l’héritier de la couronne à un chef d’Etat
élu. Ce qui est tout de même 15% de moins que le
score qu’atteignait encore la monarchie britannique dans
les années 1980 et 1990.
Euh.. on ne pourrait pas trouver au prince Philippe une maîtresse,
de préférence mariée et au physique ingrat,
mais qu’il aurait l’outrecuidance de persister préférer
à la pourtant si jolie et si gentille Mathilde… ?
Visiblement, ça fait hélas plus avancer le schmilblick
que toute une panoplie d’arguments de principe imparables.
« L’emblème scintillant
du souverain infantilise la nation tout entière en la plongeant
dans une fascination malsaine pour tout ce qui touche à
la maison royale (…). Elle corrompt l’idée
de la citoyenneté et le sens de l’Etat. (…)
Car la tyrannie exercée par une monarchie ne réside
pas tant dans son pouvoir temporel, plutôt faible, que dans
son emprise sur l’imaginaire national. Son esprit s’infiltre
dans la politique, tuant dans l’œuf toute velléité
de réforme et donnant au pays des fantasmes de grandeur.
Elle instille une appétence vulgaire pour un gouvernement
fort sous la quasi dictature d’un parti unique : le gouvernement
de Sa Majesté. »
Polly Toynbee
- Ostende, fief républicain ?
On se souvient que la Donation royale avait chassé
l’an dernier un restaurateur de la Villa royale d’Ostende
qui exploitait cette dernière depuis vingt ans, au motif
qu’il s’agissait d’une activité commerciale.
Depuis un an donc, la Villa est à l’abandon, et se
dégrade, à tel point qu’elle est aujourd’hui
répertoriée dans l’inventaire des maisons
à l’abandon, détériorées ou
déclarées inhabitables de la ville… et que
son propriétaire va donc se voir réclamer le payement
d’une taxe de 25.000 € – et non 2.500 €,
comme communiqué initialement par le Soir du 18 avril.
C’est en effet en tant que bâtiment d’entreprise
cumulant deux infractions, et non en tant que maison, que la Villa
sera taxée, et ce à moins qu’elle trouve un
nouveau locataire d’ici fin 2006.
Si l’on ajoute à cela qu’une bande de joyeux
drilles ostendais a entrepris de mutiler les statues de rois ornant
la ville, coupant ainsi une main à Léopold II sans
que les autorités ostendaises s’en émeuvent,
il y a de quoi s’interroger et conclure, comme le faisait
déjà Eddy Surmont dans le Soir du 18 avril, que
sans doute « la reine des places ne comptera plus jamais
une tête couronnée parmi ses citoyens… ».
- Astrid, fille de pub. Après
Albert & Paola utilisés par le CD&V dans un spot
publicitaire électoral, voilà maintenant que c'est
la princesse Astrid qui fait de la publicité, pour un coiffeur
et un bijoutier cette fois. Ca se passe dans un récent
Match, où sont publiées des photos de la princesse
mentionnant explicitement le nom du salon de coiffure et celui
du bijoutier auxquels Astrid doit une part de sa beauté.
Ce qui n'a pas plu, on s'en doute, aux fournisseurs officiels
de la Cour, mais là n'est pas l'essentiel.
A quand Laurent dans une pose lascive sur le capot d'une voiture
de sport, ou dégustant avec force pourlèchements
une fourchette de pâtes italiennes accompagnées d'un
soda américain ? A quand Mathilde vantant les mérites
d'un dentifrice qui laisse les dents blanches pour un sourire
éclatant ou d'une crème anti-cernes 100% efficace
?
La monarchie ? Une image, qu'on vous dit. Une image qui coûte
cher...
- Danois rétifs aux charmes de
la monarchie ? Le mariage princier danois du 14 mai dernier
a été l'occasion de rappeler, dans toute la presse,
à quel point l'attachement de la population danoise à
la monarchie est grand. Il est dès lors curieux d'apprendre,
dans La Libre Belgique du 13 mai par exemple, que la police danoise
est en émoi suite à la décision du couple
princier de défiler en carosse: celle-ci a interdit au
public de lancer des fleurs aux mariés, craignant que des
"esprits malsains" lancent n'importe quoi sur les toutereaux,
ce qui transformerait l'"heureux événement
en tragédie".
On avait déjà cru comprendre, par le biais d'une
pétition républicaine européenne, qu'il y
avait au Danemark quelques républicains. Il semblerait
que l'information se confirme...
- Laurent : chasse au gaspi !
Après s'être déjà mobilisé le
20 avril pour le recyclage des déchets, voilà que
le prince Laurent remet ça, le 30 avril, en "rehaussant
de sa présence", comme on dit dans ces cas-là,
une activité du projet "Chasse au Gaspi".
Décidément, le pauvre homme se rend-t-il compte
qu'il scie la branche sur laquelle il est assis ?
- L'abus de monarchie nuit à la
santé !
Le mariage, le 14 mai, du prince héritier danois Frederik
avec Mary Donaldson, suscite l'annulation de très nombreux
rendez-vous médicaux dans les hôpitaux de Copenhague.
Beaucoup de malades devant subir des examens pré-opératoires
estiment visiblement que leur santé passe après
la noce princière.
De la même manière que la presse belge a longuement
insisté sur le fait que le prince Philippe avait "sauvé
la vie" d'une malade du SIDA en Afrique du Sud, nul doute
que la presse danoise aura à coeur de publier le chiffre
des décès dûs à cet excès de
ferveur monarchiste.
A moins que...
La même dépêche mentionne que les réservations
de voyages n'ont aucunement souffert, en revanche, du mariage
princier. Et elle attribue cela au fait que certains Danois seraient
trop heureux d'échapper à la folie monarchiste.
Hypothèse: et si c'étaient les mêmes qui décommandent
leurs rendez-vous médicaux pour s'envoler vers d'autres
cieux ? S'ils étaient simplement horrifiés à
l'idée de devoir subir, sur les écrans de télévision
de l'hôpital, la retransmission en continu de la cérémonie
de mariage ? S'ils préféraient risquer leur santé,
voire leur vie, plutôt que de devoir gazouiller de concert
avec d'autres éclopés aux yeux embués d'émotion
devant le bonheur si sincère des tourtereaux ?
Quoi qu'il en soit, la conclusion s'impose: la monarchie tue !
- Ouvrages de dames. A ceux qui
douteraient encore des hautes qualités intellectuelles
et morales des familles royales d'ici et d'ailleurs, je voudrais
dire quelques mots de la princesse batave Irène, soeur
cadette de la reine Beatrix.
Voilà en effet une femme qui, non contente d'être
la frangine de la reine, consacre ses loisirs à l'écriture
de livres sur des sujets aussi divers, éclairés
et édifiants que:
- les manières d'entrer en contact avec les morts
- les qualités émotionnelles des arbres et des dauphins
- l'émancipation des femmes et à leur carrière
Il faudrait décidément que cette grande Dame recontre
la reine Fabiola et les princesses Mathilde et Astrid. A elles
quatre, ces dames, qui incarnent de toute évidence l'émancipation
des femmes, formeraient une équipe de choc pour faire progresser
d'un bond l'humanité.
- Apartheid. Le 27 avril dernier,
la princesse Astrid a assisté à Pretoria (Afrique
du Sud) à une cérémonie commémorative
à l'occasion de l'abolition de l'apartheid, il y a dix
ans.
Récapitulons donc: la princesse Astrid - et son époux
- marquent ainsi leur solidarité avec ceux qui ont estimé
et estiment encore qu'il fallait, au nom des principes fondamentaux
des droits de l'homme, abolir une pratique archaïque fondée
sur l'inégalité (en dignité et en droits)
des êtres humains et sur la discrimination fondée
notamment sur les origines ethniques ou sociales ou la naissance
»
Le Cercle républicain salue le progressisme du couple princier
et tient à la disposition de chacun, contre versement des
12,50 euros de cotisation, une carte de membre du Cercle républicain
(CRK asbl), lequel s'inspire rigoureusement des mêmes valeurs.
- Virile noblesse. Depuis 1980,
le roi a attribué 427 titres de noblesse, assisté
en cela par la Commission consultative pour la reconnaissance
des faveurs nobiliaires.
Parmi ces 427 faveurs, seules 41 sont allées à des
femmes, soit moins de 10 %.
C'est ce que relève une étude réalisée
par Xavier Carbonez et Stefaan Fiers,
tous deux politologues à l'université catholique
de Louvain (KUL).
Le monde économico-industriel, quant à lui, se taille
toujours la part du lion, loin devant la culture, la justice ou
... le monde politique.
Mais quelle femme, il est vrai, pourrait prétendre mériter
aussi bien de la patrie que les femmes du palais, qui comme chacun
sait, se dépensent sans compter pour plus de justice sociale
tout en étant des épouses et des mères modèles
?
- Chrétien, démocrate et
monarchiste. Un nouveau parti à la pointe du progrès
est apparu sur la scène politique: le CDF. Chrétien
et démocrate, il n'en est pas moins un farouche adversaire
du mariage des homosexuels, partisan de la suppression de la mixité
obligatoire à l'école, opposé à l'avortement
et à l'euthanasie, et... ardent défenseur de la
monarchie, dont il estime qu'elle doit être revalorisée.
Car, c'est bien connu, les vilains pas beaux qui s'y attaquent
veulent la mort de la Belgique et, en gros, n'ont rien compris.
- Dur métier de prince...
Les journaux du groupe Vers l'Avenir ont fait très fort
en consacrant un dossier spécial, durant la semaine précédant
le mariage de Laurent et Claire, au " métier de prince
". Ainsi donc, être prince serait un métier,
n'en déplaise à ceux qui pensent qu'un tel vocable
serait réservé aux occupations pour lesquelles une
certaine qualification est nécessaire, qui est rémunérée
et que l'on peut perdre en fonction des fluctuations du "
marché de l'emploi ", de ses (in)compétences
ou d'un âge limite préétabli. Sans même
parler du caractère d' " utilité sociale "
que le Petit Robert estime indissociable du concept de métier...
- Claire et Laurent : chronique d'un
non événement. Le mariage de Laurent et Claire
est un non-événement, cela va sans dire. Pourtant,
la presse écrite, radio et télévisée
a fait tout son possible pour nous faire croire le contraire.
malgré le peu d'engouement manifesté par la population.
Et les divers commentaires ont aussi été l'occasion
de relever quelques perles. Ainsi, Claire Coombs est-elle qualifiée
de polyglotte, dès lors qu'elle parle français et
anglais - silence pudique sur sa méconnaissance des langues
nationales autres que sa langue maternelle -, et Laurent de jeune
prince, malgré ses 39 ans bien sonnés. De son incivisme
au volant et de ses grossièretés, il ne fut bien
sûr pas question. Et pour l'agence de presse Belga, c'est
devant Dieu que le mariage s'est célébré,
Laurent et Claire s'étant dit " oui " "
samedi matin 12 avril à la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule
après un passage à l'Hôtel de Ville de Bruxelles
". on ne serait pas un peu informés, qu'on pourrait
croire qu'ils passaient à l'Hôtel de Ville pour admirer
les dorures, comme de vulgaires (ou non ... ) touristes japonais.
- Le prince Charles est très triste.
Vraiment. Même que certains parlent de dépression
et s'inquiètent pour sa santé mentale, faut pas
demander !
Non seulement son nom est, depuis plusieurs mois, mêlé
à de sombres histoires, mais voilà que ses concitoyens,
dans un sondage récent effectué par la BBC, le placent
quatrième dans l'ordre de ceux qu'ils aimeraient voir quitter
le pays. Et pour couronner le tout, si l'on peut dire, voilà
qu'il risque bien de ne jamais l'être (couronné,
faut suivre !), le royal attribut lui passant sous le nez pour
aller coiffer directement son fiston, William. Le jour, du moins,
où sa vénérable aïeule se décidera
enfin à passer la main, ce qu'à en juger par son
récent discours de Noël, elle ne semble pas prête
à envisager de sitôt.
Voilà encore un drame de la monarchie : le sens de toute
une vie, pfffft !, envolé, tout ça parce qu'on se
retrouve coincé entre une douairière qui n'en finit
pas de régner et un morveux qui ne saurait éternellement
tomber les p'tites Anglaises en attendant que la place se libère…
Finalement, ce qui est amusant avec la monarchie, c'est qu'elle
arrive encore à surprendre les premiers intéressés,
alors même que pour les citoyens lambda, c'est l'institution
qui incarne la stabilité, la sécurité, l'assurance
d'un monde sans surprises ni soubresauts : Albert II qui se croyait
peinard, et qui se retrouve sur le trône. Charles qui croyait
qu'il n'y avait qu'à patienter, et qui se retrouve réduit
tout à coup à n'être qu'un avorton de roi.
Laurent qui voit le trône s'éloigner de lui à
coup de lois saliques supprimées et de neveux, nièces
et cousines accumulées.
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